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LES CORSAIRES

DE LA GUADELOUPE

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ques et accompagnait les chants. La règle était de boire ferme; on vidait d'un seul coup les « couis »,ce qui représentait un demilitre. A la fin du repas on apportait de grandes corbeilles garnies de mangles, de sapotilles, de goyaves rouges ou blanches, de bananes ou de figues rôties et de la farine de coco, puis du « sang-gris »1 et du «tafia » de la Martinique. C'était alors l'heure de fumer et d'écouter les propos saugrenus et les histoires de brigands. Les pillards des mers en avaient de terrifiantes. Pour terminer, les nègres étaient invités à danser la « Calenda » ou « biguine ». Cette danse, comme toutes les danses sauvages, figure le rapprochement de l'amour et les mouvements ont tant de précision qu'on ne saurait.se tromper sur sa nature et que l'on croirait voir les danseurs se livrer aux pratiques secrètes de Vénus.Elle fut apportée aux Antilles du Royaume d'Arda, sur la côte de Guinée, et, s'il en faut croire les vieux manuscrits, les Espagnols en dépit des ordonnances ecclésiastiques la transportèrent en Espagne, avec tous ses gestes et ses mouvements obscènes, et furent si « embéguinés » qu'ils n'hésitèrent pas à la faire figurer jusque dans 1. Du vin de Madère sucré avec de la cannelle et de la muscade.

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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