Page 22

16

VICTOR HUGHES

Louis XVI cherchait l'occasion de venger les vieilles injures. Une circonstance favorable se présenta lorsque l'Amérique rompit le lien qui l'attachait à la Grande-Bretagne. Quoique ne voyant pas sans inquiétude une grande colonie se révolter contre son Roi, il décida de soutenir les États-Unis dans la lutte contre l'ennemi héréditaire et Franklin lui reçu à Versailles au milieu d'ovations et avec enthousiasme par la population. Des traités de commerce et d'amitié, puis d'alliance offensive et défensive, lurent conclus, ce qui virtuellement équivalait à une déclaration de guerre à l'Angleterre. Dans les deux dernières guerres du règne de Louis XIV, celle de la Ligue d'Augsbourg et celle de la Succession d'Espagne, les colonies, abandonnées à leurs propres ressources, avaient beaucoup souffert. Des alternatives de revers et de succès avaient épuisé les colons et ruiné le commerce mais l'énergique vitalité de ces possessions américaines était telle que la prospérité était vite revenue et, lorsque survint la révolution, les Antilles, Saint-Domingue tout particulièrement, jouissaient d'un degré inoui de richesse. Chassés des marchés de l'Amérique du Nord, les négociants de la métropole y avaient concentré toute leur activité. Les traités de paix de Paris et de Versailles

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Profile for scduag
Advertisement