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LES CORSAIRES DE LA GUADELOUPE

jusques au nez, oreilles et sommet de la tête. J'excepte toutefois la cervelle à laquelle ils ne touchent point. Au surplus, ils réservent les crânes par monceaux en leurs villages et la première chose qu'ils font, quand les Français les vont voir et visiter, c'est de leur montrer ces trophées de crânes ainsi décharnés, en récitant leur vaillance et disant qu'ils feront de même à tous leurs ennemis. Semblablement, ils serrent fort soigneusement les plus gros os des cuisses et des bras, pour faire des fifres et des flûtes, et les dents, qu'ils arrachent et enfilent à la façon de patenôtres, et les portent ainsi tortillées à l'entour de leur col l. Mais, à mon grand regret, je dois réciter ici que des truchements de Normandie, qui avaient demeuré huit ou neuf ans en ce payslà, s'accommodèrent aux sauvages et menaient une vie d'athéistes : non seulement ils se polluaient en toutes sortes de paillardises et vilenies parmi les femmes et les filles mais surpassant les sauvages en inhumanité, j'en ai ouï qui se vantaient d'avoir tué et mangé des prisonniers! » Les boucaniers et les flibustiers de l'île de 1. Christophe Colomb, lorsqu'il découvrit la Guadeloupe, trouva des restes de « boucans », avec des crânes et des ossements humains. VICTOR HUGHES

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Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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