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VICTOR

HUGHES

de Hollandais, chassés de Saint-Christophe par l'escadre espagnole de Frédéric de Tolède, s'était réfugié dans la petite île de la Tortue, à deux lieues au nord de Saint-Domingue, et leur nombre s'accrut bientôt par la venue d'aventuriers de toutes les nations. Affranchis des lois de leur patrie, passionnés de liberté et vivant dégagés de toute espèce d'entraves morales ou religieuses, ils reçurent le nom de « Boucaniers », parce qu'ils faisaient rôtir sur une sorte de gril, nommé « Boucan », les bœufs sauvages qu'ils allaient chercher à Saint-Domingue ou les cochons qu'ils mangeaient sans pain. On ignore l'origine du mot « Flibustiers », sans doute du hollandais « Vrijbueter », qui veut dire « pirate »1. Le « boucan » était connu par tous les sauvages de l'Amérique. Jean Léry, dans la relation de son voyage au Brésil en 1556-1558, nous rapporte que, après les avoir découpés en morceaux, ils y faisaient cuire le corps de leurs prisonniers. Il donne la description de ce gril et explique ainsi l'opération : « Sitôt que le prisonnier est assommé, des femmes se présentent avec de l'eau chaude qu'elles ont toute prête, frottent et échaudent le corps mort, enlèvent la première peau et le 1. A Saint-Domingue, on les appelait « les frères de la Côte ».

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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