Page 191

LA

GUADELOUPE SOUS VICTOR HUGHES

181

l'amour préside aux ébats de tous les êtres, où les oiseaux-mouches s'enivrent du parfum des fleurs, les poissons-volants rivalisent de vitesse avec les navires, où les madras aux vives couleurs rehaussent l'éclat de la beauté des femmes, n'offre plus l'aspect d'une colonie mais d'un vaste camp retranché dont Victor Hughes commande toute la vie. Les nègres, libérés, ne suffisant pas pour cultiver les terres, Hughes fait capturer par ses corsaires tous les bâtiments anglais venant d'Afrique, où nos ennemis pratiquaient la traite des esclaves. Il fait aussi capturer les navires des Etats-Unis d'Amérique, chargés de denrées, qui refusaient de toucher à la Guadeloupe, tant ils avaient peur de son dictateur. En la seule année 1795, plus de 150 bâtiments de commerce sont capturés et brûlés. Hughes bravait les forces imposantes de ses ennemis. Un jour que l'activité des navires de guerre anglais,en station aux Saintes, l'inquiétait, il fit savoir au commandant des forces navales britanniques que « chaque fois qu'on lui rapporterait avoir aperçu le pavillon anglais dans les eaux de la Guadeloupe, il ferait tomber une tête de prisonnier, en commençant par les plus gradés». L'amiral se le tint pour dit. Il avait l'exemple de Dundas.

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Profile for scduag
Advertisement