Page 189

LA

GUADELOUPE

SOUS

VICTOR

HUGHES

179

Beaucoup de lépreux circulaient librement dans la colonie, les règlements relatifs à la léproserie de la Désirade ayant été suspendus en 1788. Hughes rétablit ces anciens règlements et fait soigner ces malheureux aux frais de la colonie. Un capitaine, avec une petite garnison de douze hommes, est spécialement chargé de surveiller l'établissement. C'est le seul acte d'humanité que nous relevons en l'honneur de Hughes. L'intuition de l'animal qui dominait en lui avait peutêtre inspiré cette pitié, car il mourut à Cayenne atteint de ce mal épouvantable 1. Hughes caressa un instant le rêve d'approfondir la Rivière Salée, afin de permettre, en temps de paix, aux voiliers se rendant en Europe de sortir, au Nord, par le Grand Cul-de-Sac et gagner de suite l'océan (on gagnerait ainsi 150 lieues) et, en temps de guerre d'avoir deux portes de sortie : l'une sur l'océan Atlantique et l'autre sur la mer des 1. Créé en 1728 par le gouverneur Dupoyet, l'établissement avait été ruiné par un ouragan en 1776 et reconstruit en 1786. A l'origine, une ordonnance du roi, en date du 15 août 1763, avait fait de la Désirade un lieu de dépôt pour les mauvais sujets et fils de famille dévoyés. Une autre du 15 juillet 1764 autorisait les familles dites « comme il faut » à y envoyer leurs membres vicieux. Ils étaient surveillés et gardés aux frais du roi. Cette petite île servait encore d'établissement correctionnel avant la Révolution.

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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