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HUGHES REPREND LA GUADELOUPE

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l'heure de la Métropole. Saisi dans les engrenages d'une situation extraordinaire, enfiévré par les péripéties d'une lutte formidable, voulant vaincre par tous les moyens, pris d'un accès de patriotisme farouche contre les Anglais, d'un accès de haine furibonde contre les royalistes dont la résistance avait • « lardé sa victoire, il se persuada qu'un coup de terreur et d'épouvante était nécessaire pour traverser triomphalement la tempête déchaînée autour de lui. Il déchira le nuage qui l'entourait et sa foudre tomba sur les colons et les pauvres hommes de couleur libres qui avaient suivi les Anglais. Ils furent massacrés. Loin de la France, il se trouvait à cette heure le seul représentant de cette Convention de 1793 qui, sans trembler, avait jeté dans le panier sanglant la tête du roi et avait fait de la reine Marie-Antoinette la « mater dolorosa » de l'humanité; le seul survivant de ces missionnaires terribles qui avaient épouvanté le monde. 11 n'avait rien à craindre de la Convention, puisqu'il sut conserver en permanence sur les places publiques de la Guadeloupe, jusqu'en 1796, les échafauds, sinistres instruments de son règne. Tel fut son bon plaisir. Le dernier guillotiné a été M. de Bragelongue, le 6 juillet 1796.

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

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