Page 155

HUGHES

REPREND

LA

145

GUADELOUPE

s'écrier au récit de cette affaire : « Un émigré fusillé, un soldat de la république tué, ce sont deux Français de moins.» Et le ministre Pitt, d'ajouter : « Du moins, le sang anglais n'y a pas coulé. » Nous avons là l'expression de la haine que les Anglais portaient alors aux Français. Le même jour, la guillotine commençe à fonctionner. Hughes, trouvant que le « rasoir national » fonctionne trop lentement, décide d'activer les exécutions. Son génie révolutionnaire lui inspire un moyen plus rapide de destruction. Il demande à Monroux de lui trouver une gabarre assez grande pour contenir 473 condamnés qui restaient alors et il va les faire noyer en bloc. Monroux refuse d'obéir, trouvant le procédé trop barbare. Il risquait sa tête. Hughes voulut ignorer cette résistance à ses ordres mais sa colère trouva un autre procédé pour expédier « ces incorrigibles royalistes et les hommes de couleur qui les avaient suivi ». Ces derniers, traîtres à la république qui leur avait donné la liberté, devaient « subir la peine de leurs forfaits ». Hughes fait envelopper le camp de Berville par les troupes républicaines, commandées par le chef de bataillon Chavidan, nouvellement promu. Ces 473 malheureux sont conduits et rangés le long du fossé de la batVICTOR

HUGHES

10

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Grandes figures coloniales I : Victor Hughes, le conventionnel  

Auteur : Georges comte de Sainte-Croix de la Roncière / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la docume...

Profile for scduag
Advertisement