Page 100

66 P. 122.

Grammaire

Acana chenócae bóman, si tu me méprise, àcabo chenòcae nòman, si ie te méprise, ácae chenòcae lóman, si il le méprise ; àcaoüa chenòcae bòman, si tu nous méprise, ácaheu chenòcae nòman, si ie vous méprise, ácagnem chenócae nhàman, si il les méprise. Le si, en caraibe régit le subionctif, & quelquefois il entraine aussi l'hàmouca de l'optatif, comme àcan hàmouca bacàmba, si ie t'entends. Les aduerbes d'ordre sont inegle, inécouba, c'est à dire apres, puis apres, on dit aussi ào arikiénli yeheùbou nhabàra-kíoüa, ie l'ay veu deuant les autres, le premier. Ceux de nombre et de compte sont àbanaken, vne fois, biamakay, deux fois, amiénkê, autrefois, biamara-bonále, tout à la fois, àcounoucouiyénké, la seconde fois, biama-biama tiem, celuy cy est verbe, quoy qu'il signifie vn aduerbe, deux à deux. Les aduerbes de quantité chez les Caraibes se construisent comme les verbes, des verbes ils en font des noms. Ainsi si ie vous demande itiénrou barikinina, combien de fois m'as tu veu, vous répondrez tamigati àrou-kia nárikinibou, ie t'ay veu plusieurs fois : boüe-tiem lacoùyani conòboüi, il pleut à verse, malàlelic tàkia bàcouyouni, retourne t'en tout doucement. Ceux cy diminuent la quantité, sçauoir àoüere, assez, nianhoüànkê, peu, nian-

___

hoüankêlic, vn tant soit peu, ils se construisent par fois, parce qu'on en forme

P. 123.

des verbes, comme d'àoüere, on forme áoüeretou, c'est assez, niánhali-kia, c'est trop peu. Pas, & point s'expriment par coüatic, & la dictiõ ne, qui les deuance souuent, par boulic, comme ákim-nia boulic bioüálale coüatic, ie ne suis pas, ou point vilain comme toy. Icy il denote priuation de quantité, & le suiuant inseré dans le verbe veut dire, sans raison, mal à propos, comme caincayem-coüatic-bien nóne, tu te fasche contre moy mal à propos. On s'en sert pour exprimer vne rodomontade comme canoúboutecoüatic nhàcatou-kialam, pourquoy craindrois-ie, aurois-ie peur ? on en exprime vne ironie. Itara boulic hànhim coüatic ? likia bémem-coüatiquê. He pourquoy mon aisné fait-il cela ? non nõ il n'a pas tardé. Enfin on en exprime les ennuis, les mépris, comme catába coüatic yácana ? aoüerékêbacoüátique nerémetonê nhaman callinago coüatic, qu'est-ce que ie ferois icy dauantage, n'est-ce pas assez demeurer parmy les Caraibes? Les aduerbes de qualité peuuent suiure la regle des aduerbes de quantité, car on dit aoüereénli naboulétouni, i'écris assés bien, ou pour mieux exprimer l'idiome caraibe, mon écriture est passable, assez bonne : niamhoüànti nakêchêni, ma cousture est mauuaise, pour dire ie cous mal. On exprime ce mot de bien & de mal auec le verbe qui signifie l'action, mais qui est particulier en son genre, car de nakéchien, ie couds, on forme celuy cy, kakêchatitina, ie couds

Grammaire Caraïbe suivie du Catéchisme caraïbe  

Auteur : Raymond Breton, L. Adam, Ch. Leclerc / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation...

Grammaire Caraïbe suivie du Catéchisme caraïbe  

Auteur : Raymond Breton, L. Adam, Ch. Leclerc / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation...

Profile for scduag
Advertisement