Page 76

58

DE

LA

FIÈVRE

J A U N E .

arrivés étaient soumis par le climat à payer un tribut à son insalubrité ; mais il semble que les fièvres dont ils étaient attaqués n'étaient point mortelles , et dès-lors on ne peut les confondre avec la fièvre jaune ( 1 ) . Il paraît que cette maladie ne parut avec des caractères pestilentiels, que lorsque la ville de Saint-Pierre ayant été fondée , les progrès de la culture et du commerce y rassemblèrent beaucoup d'Européens. Il y a des motifs de croire que l'irruption de 1648, dont parle Dutertre, s'étendit à toutes les Antilles Françaises , y compris la Martinique (2). On sait par des actes publics, qu'en 1 6 6 9 , il y eut dans celte île une grande mortalité, qui fut attribuée à une contagion apportée d'Afrique par des esclaves (3). Le voyageur Barbot, qui visita le Fort-Royal et SaintPierre pendant l'hivernage de 1682 , rapporte : « Qu'il y avait alors peu de navires dont les équipages ne ressentissent les effets de l'insalubrité de l'air, et que quelquefois des hommes mouraient en l'espace de quelques heures , sans avoir de maladie apparente (4). » En 1C86 , l'administration locale rendit une or-. (1) Père Bouton , Histoire de l'Etablissement de la colonie de la Martinique, 1640, in-12. (2) Dutertre, t. 1 , p. 422. (3) Moreau de Saint-Mery , Loix et Const, de Saint-Domingue, t. 1 , p. 407. (4) Barbot, A Description of the coast of Guinea , in Churchill's Collection, t. 6. London, 1 7 3 2 , in-folio.

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Profile for scduag