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DE LA FIÈVRE JAUNE.

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cette importation , avait été ravagée par des maladies contagieuses , que l'ensemble de leurs circonstances fait reconnaître pour la fièvre jaune. Si dès sa naissance , cette colonie n'en éprouva pas les désastres , c'est qu'elle fut fondée par des habitans de SaintChristophe déjà acclimatés , et que sa population nouvelle, au lieu de se réunir dans des villes, ainsi que les Espagnols à Saint-Domingue et les Français) à la Guadeloupe, demeura disséminée pendant plusieurs années, sur les plantations qu'elle fît le long de la côte occidentale de l'île : les colons suivirent à cet égard , l'exemple que leur offraient les Caraïbes. « Ces insulaires , dit le Père Pelleprat, n'étaient point fixés dans un même enclos semblable à nos Villes ; leurs cases n'étaient point ramassées ensemble comme dans nos villages , mais au contraire écartées les unes des autres (1) ». Cet usage qui avait peutêtre pour origine, la crainte de la contagion, devait au moins s'opposer à sa transmission, tandis qu'elle était certainement favorisée dans les grandes Antilles, par la coutume des indigènes do réunir leurs habitations dans le même lieu. Lorsqu'on 1640, le Père Bouton vint à la Martinique , cette colonie n'avait encore éprouvé aucune grande irruption de maladies contagieuses. Il remarque bien que les Européens nouvellement (1) Père Pelleprat, Relation des Missions des Jésuites aux Antilles, 1655 , in-8.°"

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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