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J A U N E .

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rance des colons, et sur-tout de la grande quantité d'eau-de-vie qu'ils buvaient. Ligon inclinait à l'attribuer à cette dernière cause, parce que dit-il, c'étaient les plus débauchés qui périssaient les premiers, et qu'il ne mourait qu'une seule femme pour dix hommes ( 1 ) . Circonstance que vient d'offrir en 1819 l'irruption qui a eu lieu dans l'Espagne méridionale , où d'après des calculs généraux, on estime qu'il a péri vingt-cinq hommes pour une femme (2). Dans le récit de Ligon, on voit la fièvre jaune atteindre vers la fin de l'hivernage, son maximum de puissance et de malignité , frapper alors indistinctement les étrangers et les indigènes; et pourtant épargner les femmes -, ou plutôt sembler ne pouvoir entraîner au tombeau le sexe le plus faible, celui qui paraît n'opposer ni force physique à sa violence, ni force morale à la terreur qu'elle inspire. Depuis cette époque, on peut suivre les effets meurtriers de la fièvre jaune, dans l'histoire de toutes les expéditions de la marine anglaise aux Indes occidentales; et la Barbade paraît être le centre do l'infection qu'elles répandent dans les autres îles de l'Archipel des Antilles.

(1) Richard Ligon , The history of Barbados. London, 1 6 5 7 , 0

i n - 4 . , p. 36. (2) En

1800 , il périt à Cadix

1,577

femmes et

5,8lO

hommes, et à S é v i l l e , 3,672 femmes et 11,013 hommes. Dans la Première v i l l e , il mourut une femme pour quatre hommes , et dans La seconde, une femme pour trois hommes.

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Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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