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D E

LA

FIÈVRE

J A U N E .

circonstance de son récit : que personne à la Guadeloupe ne voulait transporter les morts, puisque le refus de remplir ce devoir ne pouvait provenir que de la crainte de l'infection. On remarque dans l'histoire de cette irruption , que les ravages de la fièvre jaune ne furent point suspendus par la saison sèche et froide , et qu'ils s'étendirent d'une année à l'autre. Leur cessation absolu., au bout de dix-huit mois, mérite pareillement de fixer l'attention , parce que les annales de ce fléau offrent plusieurs exemples semblables , et que parmi ceux de ses mystères restés jusqu'à présent sans explication , il faut sur-tout signaler les périodes alternatives de son sommeil trompeur, et de ses paroxysmes meurtriers. Il est vraisemblable que celle même irruption avait commencé par la partie la plus méridionale de l'Archipel des Antilles. Lorsque Richard Ligon aborda à la Barbade au mois de septembre 1647 » c'est-à-dire vers la fin de l'hivernage, il y trouva selon ses propres ternies : « Que les vivans suffisaient à peine pour enterrer les morts ; les habitans de l'île étaient attaqués ainsi que les équipages des navires, d'une contagion qui parut à ce voyageur être la peste, ou du moins une maladie aussi dangereuse et aussi mortelle. La cause en était inconnue, on ne pouvait dire si les navires du commerce n'avaient pas importé ce fléau , ou s'il ne provenait pas des mauvais alimens, des eaux marécageuses, de l'intempé-

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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