Page 58

40

DE L A F I È V R E

JAUNE.

ainsi que les historiens Oviédo, Herréra et Gomara, ceux du coma et de l'effusion ictérique semblaient ne pas être suffisans pour reconnaître la fièvre jaune, toute espèce de doute s'évanouirait devant la preuve que cette maladie tombait sur les Européens nouvellement arrivés, presqu'à l'entière exclusion de ceux qui étaient naturalisés (1) ; et que les nègres n'y étaient point soumis (2) , ce qui n'a point lieu dans les irruptions de la peste, dont les victimes sont frappées indistinctement. Un siècle après la découverte du Nouveau Monde par les Espagnols, aucun peuple de l'Europe n'avait encore tenté de s'établir aux Antilles , et conséquemment le fléau de ces contrées n'avait encore étendu ses effets que sur leurs premiers conquérans; mais bientôt, malgré la décision du Pape Alexandre VI, qui avait partagé les deux Indes entre l'Espagne et le Portugal, les flottes de la France et de l'Angleterre ayant pénétré dans les mers d'Amérique, les nouvelles colonies dont elles jettèrent les fondemens dans l'Archipel, furent en proie dès leur naissance à tous les ravages de la fièvre jaune. Ce fut au milieu de l'hivernage, le 28 juin 1 6 3 5 , que des premiers colons de la Guadeloupe abordèrent dans cette île, et s'établirent au nombre de 550 , sur le terrain où maintenant est située la ville de la Basse (1) Herréra, liv. 3 , ch, l 5 . liv. 5 , chap, 11. (2) Herréra, liv.

L i v , 1 0 , chap, 4 , — Oviédo ,

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Profile for scduag
Advertisement