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DE LA F I È V R E

JAUNE.

II peut paraître étonnant que la fièvre jaune, ce fléau dont les premiers coups annonçaient toute la puissance, ne reçut des Espagnols aucun nom spécial ; et que ce ne fut qu'après deux siècles de ravages, qu'on lui donna celui de mal de Siam, qu'il ne dut encore qu'à l'erreur. Mais, il faut se rappeler que la découverte du Nouveau-Monde devança la renaissance des sciences en Europe, et que pendant long-temps l'Amérique ne fut explorée que par des moines ignorans, et par des Landes féroces de soldats et de flibustiers. Soit que ces premiers investigateurs des Indes occidentales méconnussent que , dans ces contrées, rien ne ressemblait à l'ancien hémisphère, soit qu'ils ne trouvassent point de noms pour désigner cette foule d'objets étrangers dont ils étaient environnés, ils ne leur en donnèrent point d'autre que ceux en usage dans leur patrie ; et le hasard ou des analogies supposées firent appliquer aux animaux, aux plantes, aux localités et aux maladies de toutes les régions américaines, des appellations qui ne pouvaient en donner qu'une fausse idée, puisqu'elles appartenaient dans les langues de l'Europe, à des objets entièrement différens. La fièvre jaune qui, par ses cruels effets, est semblable à la peste, ne trouva point d'autre nom pendant long-temps , que celui de cette maladie contagieuse ; et dans toutes les relations des premiers historiens de l'Archipel des Antilles, c'est ainsi qu'elle est désignée. Il est toutefois facile de se convaincre que le

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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