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F I È V R E

JAUNE.

duisirent pas davantage, puisque Colomb, qui n'y prenait part que pour les ordonner, aurait dû n'en point éprouver les effets; tandis qu'au contraire , il fut compris dans la proscription commune. Sans doute, des affections tristes et le changement de régime et d'habitudes , apportent des troubles dangereux dans l'économie animale, mais s'ils produisaient la fièvre jaune , cette maladie appartiendrait à tous les pays et à tous les temps; et elle n'eût point été reléguée jusqu'au quinzième siècle , dans les Iles du Nouveau Monde. Ce qui, du reste, établit sans réplique que l'usage du manioc , et en général le changemeot de régime , ne furent pour rien , dans l'origine de la maladie dont les Espagnols furent atteints, c'est qu'elle assaillit également les indigènes qui se nourrissaient de cette racine tubéreuse, et dont la manière de vivre était toujours la même. Quant au défaut de médicamens propices, on conçoit qu'on ne put s'en apercevoir que par la maladie, qui dès-lors existait déjà ; et il ne paraîtra pas extraordinaire q u e , dans sa première irruption , en n'eût aucun remède efficace à lui opposer , puisque trois cent vingt-cinq années se sont écoulées depuis , sans qu'il en soit autrement. Dans la lettre que Christophe Colomb écrivit, en 1498 , au roi d'Espagne, il attribue à la subtilité de l'air et des eaux, les maladies que ses soldats avaient éprouvées dans les commencemens ; ( 1 ) et il (1) Herréra, lib. 3 , chap. 15.

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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