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DE LA FIÈVRE JAUNE.

cette contagion aux Antilles, et à s'opposer à ce qu'elle; en soit importée fréquemment dans, nos contrées maritimes , n'existent point dans ses irruptions en Es pagne et aux États-Unis. Là , ce n'est point comme dans nos colonies, une seule fraction delapopulation qui y est annuellement exposée; c'est la population toute entière qui est soumise , sans aucune distinction, d'origine, aux effets désastreux de ce cruel fléau. Dans les Antilles françaises , il est rare que la lièvre jaune puisse s'étendre à plus de mille ou douze cents, individus, tandis qu'à New-York, à Philadelphie, à Cadix , à Séville , elle agit sur des masses d'hommes qui sont de soixante à cent-vingt fois plus grandes. Or, il est évident que le succès des mesures sanitaires est en raison inverse de l'extension des maladies contagieuses , et que la reproduction de leur virus est en raison directe de cette même extension ; d'où il suit qu'indépendamment des chances d'importation qui résultent de la proximité de ces contrées, comparée à l'éloignement des Antilles, il en est encore de très-nombreuses , produites par l'immense développement que la fièvre jaune prend en Espagne et aux États-Unis, et dont elle n'est que très-rarement susceptible aux Indes occidentales. Ces conséquences qui sont déduites rigoureuse-, ment de la nature des choses, et de faits historiques incontestables, présentent des bases certaines pour l'établissement des mesures sanitaires que la plupart des contrées de l'Europe prennent contre l'introduc-

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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