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DE

LA

FIÈVRE

JAUNE.

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non moins meurtrière. Si l'on allègue que la maladie n'était point importée , et qu'elle tirait son origine de l'action des agens physiques , appartenant aux lieux et au climat, on se demande comment les mêmes causes n'ont pas aujourd'hui les mêmes effets. Tout le monde sait que vingt siècles n'ont apporté aucun changement appréciable dans le climat de la Grèce; et que les habitans de cette contrée sont aujourd'hui soumis aux mêmes fièvres intermittentes et aux mêmes affections cutanées, que du temps d'Hippocrate. Il n'y a point de motifs pour qu'il en soit autrement de la fièvre jaune , car tout ce qui aurait pu la produire jadis, existe maintenant : la haute température de l'Attique n'a éprouvé aucun abaissement, et depuis Homère jusqu'à nos jours, l'air humide de la Béotie, et les marais de l'Eurotas, n'ont rien perdu de leur influence pernicieuse. Si, comme on l'a imaginé il y a un demi-siècle (1) et comme on l'a répété depuis, le causus d'Hippocrate était la fièvre jaune, sans doute cette maladie , ayant alors les mêmes symptômes , n'aurait point eu dans ses progrès, une autre marche que celle qu'elle suit maintenant, partout où elle se montre. Elle n'eut pas plus borné ses ravages à la population d'Athènes, qu'à celle de Cadix et de Philadelphie ; elle se fut répandue

(1) Fermin , Traité des

Maladies

de Surinam , 1764. Cette

opinion a été renouvellée en 1807, par E d w . M i l l e r , dans son Rapport sur la fièvre jaune de New-York.

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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