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DE LA FIÈVRE JAUNE.

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des hommes jetés à la mer égalait celui des survivant. « Néanmoins, ajoule-t-il, l'escadre qui, en 1 7 3 0 , séjourna dans le même port, n'y éprouva aucune perte, quoique le climat n'eût pas changé ; et que le travail des matelots fût tout aussi pénible, et leur intempérance toute aussi grande ( 1 ) . » L'histoire des Indes occidentales fournirait au besoin une multitude d'exemples semblables : en 1762 , l'armée anglaise qui attaqua la Martinique fut décimée par la fièvre jaune ; en 1809 , celle qui envahit la même colonie, ne reçut aucune atteinte de cette maladie. En 1 7 4 1 , Carthagène de la nouvelle Grenade vit ce redoutable auxiliaire détruire presque entièrement devant ses murs, une autre armée anglaise; et cependant , lorsqu'on 1 8 1 5 la même place fut assiégée pendant cent douze jours par le général Morillo , la fièvre jaune ne se montra ni parmi les assiégeans , ni parmi les assiégés, quoique ceux-ci fussent en proie à toutes les horreurs de la famine , que les autres fussent campés au milieu des marécages qu'on accuse de produire celte maladie , et que toutes les circonstances de temps et de lieux fussent exactement les mêmes que lors du désastre de l'amiral Vernon (2).

r

(1) D . Jean Ulloa , Voyages 0

2 vol. i n - 4 . , t. 1,

p.

de l'Amér,

mérid. , 1752.

35.

(2) Moreau de Jonnès, Esquisse historique du siège de Carthagène, en 1815; Revue Encyclopédique , a o û t 1819, p. 3 i 3 .

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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