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DE

LA

FIÈVRE JAUNE.

l'infection du bâtiment lui-même, et uniquement parce que les effluves de la maladie existaient dans le lieu de leur séjour. On est fort éloigné de contester que ce mode de transmission ne soit fréquemment celui de la fièvre jaune ; tout semble même prouver que dans la plupart de ses irruptions, cette maladie doit son origine à la conservation de son principe morbide, dans les casernes des troupes , dans les hôpitaux, et dans les logemens où sont reçus les étrangers ; ce sont spécialement les effets des soldats, des marins, et des particuliers que ce fléau a fait périr , qui le renouvellent chaque année dans les Indes occidentales, de la même manière que la peste est reproduite périodiquement à Constantinople dans les boutiques des frippiers. Mais ce mode d'infection n'exclut pas, comme on l'a prétendu , celui de la contagion directe : il le prouve au contraire par l'axiome : que qui peut le plus, peut le moins ; car, si les effluves morbides qu'exhale le corps humain, conservent leurs propriétés pernicieuses quand elles flottent dans l'air ou quand elles sont fixées sur des objets quelconques , elles doivent à bien plus forte raison posséder ces mêmes propriétés, lorsqu'elles émanent de leur foyer primitif» ou lorsqu'elles y sont encore concentrées. Il importe assez peu de désigner par des dénominations spéciales, ces deux modes de communication de la maladie, puisque leurs effets ne sont pas différens. Cependant on peut reconnaître si l'on veut,

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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