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F I È V R E

J A U N E .

Grenade l'année précédente. Dans des exemples sans nombre , sa nature contagieuse fut manifestée par sa communication à ceux qui soignaient les malades, et il n'y eut que très-peu de médecins qui survécurent. Parmi beaucoup d'autres preuves de la contagion, en voici une singulièrement frappante : La femme d'un chirurgien de l'armée arriva de la Barbade à la Martinique , et fut obligée de rester à bord du navire sur lequel elle était venue , jusqu'à ce que l'on pût lui procurer un logement convenable à SaintPierre. Dans cet intervalle, elle descendit une fois à terre, et fut dîner à l'hôpital général de celle ville , avec son mari ; elle retourna à bord immédiatement après le dîner : le lendemain , elle fut attaquée de la fièvre jaune, et elle mourut dans les 48 heures de l'invasion. Pendant cet espace de temps, elle fut soignée par moi, et par quatre domestiques , qui tous furent atteints par la maladie et moururent aussi promptement que leur maîtresse; le capitaine du navire qui l'avait assistée , ne lui survécut que de quelques jours ; et je fus informé que, peu de temps après, de tout l'équipage, il n'y eut qu'un seul homme qui échappa à la maladie. Sans arguer de cette dernière circonstance, ajoute le docteur Gilpin, ce dont j'ai été témoin , m'a donné la conviction la plus intime que la fièvre jaune est éminemment contagieuse ( 1 ) . » (1) Letter from Joseph Gilpin, inspecteur of military

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Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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