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DE

LA

FIÈVRE

JAUNE.

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Les faits se présentent en foule pour prouver cha-. cune de ces circonstances. En 1802 , quelques jours après la prise de possession de la Martinique, huit jeunes officiers des corps du génie, de l'artillerie et de l'état-major, se trouvèrent réunis à table , chez un restaurateur. Au milieu du repas , ils découvrirent que près d'eux , dans un cabinet dont sans cesse on venait ouvrir la porte, gissait le maître de la maison, qui se mourail de la fièvre jaune. Dans la semaine, tous ces officiers furent atteints successivement de la même maladie, et tous périrent, excepté un : c'est moi. Pendant la même irruption, quand la maladie se fixait dans une maison, elle tuait d'abord ceux qui l'habitaient, et puis ensuite successivement tous ceux qui les remplaçaient. Ce fut ainsi qu'en onze mois elle atteignit trente-deux personnes dans le quartier général du général Devrigny ; et qu'enfin , ne pouvant plus attribuer au hasard de ses atteintes la mort de tous ceux , qui venaient demeurer avec moi dans Cette vaste maison , je me résignai à y rester seul. Je pourrais multiplier les citations d'exemples semblables que me fournit mon Journal d'observations; mais je préfère avec raison , les emprunter à un médecin dont le nom est recommandable par une lon gue et honorable carrière, comme inspecteur-général des hôpitaux anglais. « A la Martinique, en 1 7 9 4 . dit le docteur Gilpin , l'armée éprouva cruellement les ravages de la même fièvre que j'avais vue à la

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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