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DE

LA

FIÈVRE

JAUNE.

Mais on en serait exempt dans une autre ville qui, comme celle de Saint-Pierre, dans la première de ces îles, ou comme celle de Port Royal à la Jamaïque, n'aurait autour d'elle aucun de ces marais. Or, les faits sont tout-à-fait contraires à ces résultats, qui auraient lieu nécessairement, si la fièvre jaune avait pour origine les gaz nuisiblse exhalés par les marécages des Antilles. Cayenne, qui est au milieu des plus vastes marais du monde , éprouve beaucoup moins souvent ce fléau que la Barbade , dont le territoire est stérilisé par la sécheresse. Le FortRoyal et la Pointe à Pitre , ne sont soumis aux ravages de la fièvre jaune ni plus souvent , ni plus long-temps que Saint-Pierre , quoique cette dernière ville ne soit point exposée comme les premières aux vapeurs nuisibles des forêts noyées do palétuviers. A la Jamaïque, la langue de terre sur laquelle est située la ville de Port Royal, n'est autre chose que la crête d'un banc de corail, baigné par la mer, et seulement élevé de douze à dix-huit pouces au-dessus de son niveau. Un sable stérile couvre toute sa surface, et il n'y a ni palétuviers , ni eaux stagnantes dans aucun endroit. Cependant l'année passée (1819), à la suite de plusieurs mouvemens de troupes, la fièvre jaune qui depuis plusieurs années n'avait point paru dans cette ville, attaqua au mois de mars les soldats de la nouvelle garnison; et malgré l'absence de toutes les causes auxquelles on l'attribue , elle se

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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