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DE

LA

FIÈVRE JAUNE.

L'un des premiers observateurs qu'ait eus la fièvre jaune dans les contrées de l'Amérique septentrionale , le docteur Lining, qui nous a laissé le récit de ses irruptions à Charleston, ne croit pas davantage que la puissance de la température puisse produire cette maladie. « Il ne paraît pas , dit-il, que cette lièvre doive son origine à aucune constitution particulière de l'air, puisque les années où elle fait le plus de ravages n'ont été ni plus chaudes ni plus pluvieuses que celles dans lesquelles elle n'a pas paru. (1) » Ainsi donc, les faits et les autorités médicales sont d'accord pour repousser l'opinion qui veut que ce soient la chaleur et l'humidité qui donnent naissance à cette maladie. Quand la lièvre jaune était bornée aux Antilles , on pouvait croire, avec Chanvalon (2) , qu'elle avait quelque rapport d'origine avec la pression de l'atmosphère qui, dans ces îles , équivaut presqu'invariablcmcnla celle indiquée par une colonne de mercure de 76 centimètres. Il y avait quelques motifs de penser que , pour des Européens habitués dès leur enfance à des variations considérables de la pesanteur atmosphérique, il pouvait résulter de son état stationnaire et de son terme élevé, des altérations phy-

(1) Lining's Observ. on the yellow fever, in essays and observ. physical and litterary, read before a Society in Edinburgh and published by them. V . 2 , p. 370. Edinb. , 1756. (2) Chanyalon,

Voyage à la Martinique, p. 78.

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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