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DE LA FIÈVRE JAUNE.

123.

Des soixante prisonniers, vingt-deux était déjà morts par l'effet de cette maladie, et il est évident qu'ils n'avaient pu la contracter que par les communications des personnes et le contact des choses qui en étaient infectées. A ce fait, qui établit la communicabilité de la fièvre jaune , je crois devoir en joindre un autre-d'où semble sortir une induction contraire, dont il importe d'examiner le fondement. Un matelot français , âgé de 26 ans, partit le 14 mars 1809 de la rade de Saint-Pierre, Martinique , étant prisonnier de guerre , à bord du transport anglais le Mercury ; quoique pendant le siège du fort Bourbon , il eût été pris de plusieurs symptômes des fièvres pernicieuses, il était en apparence bien portant quand il s'embarqua avec moi. Il semblait l'être encore après douze jours de traversée , lorsqu'il fut envoyé sur un autre navire du convoi. Il revint sur le Mercury le premier avril, offrant les symptômes do la première période de la fièvre jaune : état comateux , yeux effarés , langue saburrale , lèvres livides , prostration générale des forces , etc. Ces caractères augmentèrent progressivement d'intensité; le deuxième jour, le vomissement noir se manifesta; le troisième, il y eut effusion d'ictère et hémorrhagie par le nez et la bouche ; il expira dans la soirée. L'invasion de la maladie eut lieu seize jours après avoir quitté le mouillage, mais cet homme ayant été embarqué le 4 mars au Fort-Royal, et n'étant point

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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