Page 137

DE LA F I È V R E JAUNE.

119.

sembleront avoir perdu leur violence, et depuis janvier 1806 jusqu'à une époque récente , ils n'ont point exercé de ravages comparables à ceux de la période dont j'ai tracé l'histoire. Dans les irruptions dont j'ai été témoin en 1 8 0 6 , 1 8 0 7 , 1 8 0 8 , 1809, 1814, et 1815 , la fièvre jaune se montra sporadique, individuelle , et même dépouillée de ses apparences épidémiques ; elle n'offrit plus que rarement les symptômes pestilentiels des invasions précédentes; l'effusion de l'ictère fut fréquemment la limite de toute sa puissance, et le vomissement noir fut le signe de sa plus grande malignité ; dans beaucoup de cas, elle se manifesta par d e s hémorrhagies dont la crise fut le terme de la maladie , non moins souvent que celui de la vie des malades ; enfin, elle fut si p e u meurtrière à quelques époques, que , par exemple , en 1 8 0 6 , sur 5,253 hommes entrés aux hôpitaux de la Martinique, il n'en mourut que 4 8 8 , ou à-peuprès I sur II. La proportion fut, à l'hôpital du Fort-Royal , d'un sur II. — De Saint-Pierre, d'un sur 8. — De la Trinité , d'un sur 7 0 . — Du Marin, d'un sur 9. Une mortalité si peu considérable fut due sans doute au défaut d'action de la cause originelle de la fièvre jaune. S'il est vrai que la totalité des troupes de la Martinique fussent alors acclimatées, il importe aussi de remarquer qu'un blocus maritime empêchait, non-seulement qu'il arrivât d'Europe des

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Profile for scduag
Advertisement