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fut seulement plus ou moins différée. Les officiers les plus actifs et les soldats dont le service était le plus pénible, furent frappés avant les autres ; cl l'on vit rapidement disparaître les aides-de-camp, les adjudansmajors et les artilleurs. Il en fut encore ainsi de la plupart de ceux appelés à les remplacer. Dans les hôpitaux, les médecins et les chirurgiens succombèrent presque tous; on en perdit successivement quarante ; et de toutes les personnes employées près des malades, quelques nègres âgés furent les seuls qui survécurent. Pendant celle irruption, personne ne douta que la fièvre jaune ne fût contagieuse, et que les hôpitaux ne fussent principalement le foyer de l'infection. Dans les commencemens , plusieurs médecins donnèrent l'assurance que la maladie ne se communiquait point; personne ne songea à réfuter celle assertion; mais chacun continua d'agir, comme si elle eût été évidemment fausse; et l'on observa que ceux qui avaient énoncé l'opinion de la non-contagion, n'y mettaient eux-mêmes que peu de confiance, puisqu'ils prenaient toutes les précautions qui peuvent prévenir la transmission de la maladie. Dans sa première période, la fièvre jaune sembla faire grâce aux femmes et aux enfans récemment arrivés d'Europe ; elle ne, tarda pas cependant à les envelopper dans la proscription commune; et des familles entières furent détruites dans l'espace de quelques jours. La charité des gens de couleur re-

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

Monographie historique et médicale de la fièvre jaune des Antilles  

Auteur : Alexandre Moreau de Jonnés / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universi...

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