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81 qu'une seule formions masse. Nous n'avions point d'espace pour nous déshabiller. Aussi couchions-nous habillés, nous bornant quand nous étions parvenus à nous placer dans nos hamacs , ce qui n'était pas très-aisé, à ôter, comme nous pouvions, une partie de nos vêtemens. Et pour que rien ne manquât à l'horreur d'une telle situation , comme il ne nous était pas permis de sortir de quatorze heures et quelquefois davantage, on avait placé des baquets au milieu de nous, pour satisfaire à des besoins indispensables. On n'y arrivait qu'en se glissant sous les hamacs, et en se traînant sur le ventre. Mais quelle insupportable infection ne répandaient-ils pas dans un lieu si resserré, si peu élevé, si mal aéré, déjà empoisonné par nos seules exhalaisons ? Aussi la colonne d'air qui sortait de ce gouffre , était si fétide et si brûlante, que les sentinelles placées extérieurement aux écoutilles, pour nous garder, demandèrentla diminution de leur temps de faction à un poste aussi dangereux. Le matin, après que l'équipage avait lavé le bâtiment, Tordre était donné de nous faire sortir. C'était un spectacle digne de pitié de nous voir paraître, le corps trempé desueur F ET

NAUFRAGE.

Déportation et naufrage de J.-J. Aymé, ex-législateur, suivis du tableau de vie et de mort...  

Auteur : Aymé, Jean-Jacques / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des An...

Déportation et naufrage de J.-J. Aymé, ex-législateur, suivis du tableau de vie et de mort...  

Auteur : Aymé, Jean-Jacques / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des An...

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