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i66 DEPORTATION quoi le germe reste et se reproduit bientôt ; en ce cas , on y met du tabac , qui quelquefois empêche cette réproduction. De toutes les manières, l'opération est très - douloureuse. Huit jours après mon arrivée sur l'habitation, j'eus une trentaine de ces chiques à mes pieds. Depuis lors_, j'en ai moins eu, mais je n'ai jamais passé de semaine sans en être visité. Une fois installé dans ma case , avec un lit et une moustiquaire, grand objet de luxe pour un déporté , il fut question de ma nourriture, et je fus nourri à-peu-près comme j'étais logé. Le gouvernement ne me fournissait rien, j'y pourvus moi-même. J'avais apporté quelques pains de Cayenne, mais six jours après ils étaient moisis ; je ne pouvais envoyer en cher, cher d'autres , sans déranger l'atelier qui était t rès-peu nombreux. Il fallait donc attendre des occasions qui souvent ne se présentaient qu'une fois par mois ; d'un autre côté, ce pain fait avec de la farine d'Europe avariée et pleine d'insectes, était fort peu appétissant ; en troisième lieu , entin , il coûtait douze sous lalivre. Toutes ces considérations me déterminèrent à me mettre au pain des nègres, qui est la farine de manioc , appelée cassave. Rien n'est plus sec et n'a moins de saveur, mais on l'avale

Déportation et naufrage de J.-J. Aymé, ex-législateur, suivis du tableau de vie et de mort...  

Auteur : Aymé, Jean-Jacques / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des An...

Déportation et naufrage de J.-J. Aymé, ex-législateur, suivis du tableau de vie et de mort...  

Auteur : Aymé, Jean-Jacques / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université des An...

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