Page 76

62

H I S T O I R E

ment de la faiblesse de l'art de la tragédie au moment de sa naissance, le sujet de celle-ci est essentiellement mauvais. Aussi, de toutes les Cléopâtres qu'on a données depuis, ne nous est-il rien resté de supportable. L e dernier essai fait dans ce genre par un de nos meilleurs littérateurs (Marmontel) , n'eut pas plus de succès que les autres. O n avait fait faire par Vaucanson, pour la représentation de cette dernière Cléopâtre, un aspic qui, avant de s'élancer sur la reine , poussait un sifflement terrible. Quelqu'un, au sortir du spectacle, interrogé sur ce qu'il pensait de la pièce, répondit : Je suis de l'avis de l'aspic. L a seconde tragédie de Jodelle fut Didon se sacrifiant. O n y trouve un peu plus de force que dans la Cléopâtre ; c'est qu'ici Jodelle était soutenu par Virgile ; mais je le répète, il eût fallu un génie bien extraordinaire pour qu'il perçât jusqu'à nous à travers le style de ce tems-là , si froid , si diffus, si lâche, et dont c'étaient encore là les moindres défauts; mais ces défauts là seuls suffiraient pour noyer les plus belles pensées et défigurer les sentimens les plus vrais. Voici par exemple quelques vers de

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Profile for scduag
Advertisement