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T H É Â T R E

FRANÇAIS.

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sairement que le théâtre eût un paradis, c'est-à-dire, un échafaud très-élevé où Dieu paraissait en chappe et en étole, et d'où la voix du Très-Haut se faisait entendre sous la forme d'un trio composé d'une bassetaille , d'une haute-contre et d'un tenor, ce qui était censé représenter la Sainte-Trinité. E n bas était l'enfer, entre deux le monde , c'est-à-dire , quelques échafauds dispersés de côté et d'autre, pour figurer la maison de Sainte-Anne , celle de SaintJoseph , Jérusalem, R o m e ou l'Egypte, selon le besoin. Chacun allait y réciter sa scène , puis revenait s'asseoir sur les gradins jusqu'à ce qu'il reprît la parole, quelquefois à deux ou trois cents lieues de là. Les mages partaient de leur pays, qu'on voyait dans le fond du théâtre, et après un très-long voyage , ils arrivaient à la droite de ce m ê m e théâtre chez Hérode, pour lui demander le messie , qu'ils cherchaient ensuite bien long - tems avant d'arriver à gauche., où N . S. dormait tranquillement dans Bethléem , couché dans la crêche ez bœufs. Ces bizarres inconvenances n'ont rien qui doive nous surprendre. O n était à la

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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