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D E

LA

TRAGÉDIE

ne tarda pas à se refroidir. Jeune, savant et libre, l'Athénien pensait tout haut ; il proposait ses opinions avec confiance ; il résistait à celles d'Alexandre ; il les combattait m ê m e avec une sorte de hauteur et de mépris; il disputait enfin avec ce héros c o m m e avec un de ses camarades du lycée. Indigné de son audace , Alexandre lefitaccuser d'avoir conspiré contre sa personne, et le condamna à la plus cruelle mort que puisse imaginer la barbarie la plus ingénieuse. Après avoir ordonné qu'il fut enfermé dans une cage de fer, illefit conduire en cet état dans tous les lieux par où passait l'armée, jusqu'à ce que voyant ce malheureux consumé de douleur et de faim, il le livra à un lion furieux qui le mit, en pièces et le dévora. Sensible à ce barbare traitement, Aristote ne put s'empêcher d'en parler d'une manière très-libre; et pour mieux faire connaître à quel point son ame était ulcérée , il se déclara partisan d'Antipater. Alexandre l'apprit, et en marqua son ressentiment dans une lettre qu'il écrivit à Antipater lui-même. Il y parlait de la conspiration tramée contre sa personne , et

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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