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D E S

A P P L A U D I S S E M E N S

Morlière tirait de ce roman toute sa considération ; il en avait fait l'époque de laquelle il datait tous les événemens de ce siècle : c'était son hégire. Il prétendait d'ailleurs que la vérité des peintures qu'offrait son ouvrage lui avait fait des tracasseries à la cour , et que la duchesse de *** ne lui avait jamais pardonné. Les gens de lettres, moins répandus dans ce qu'on appelle le m o n d e , fréquentaient encore certains cafés : le voisinage de la comédie Française, et l'assiduité de quelques auteurs connus avaient conservé au café de Procope son ancienne réputation. C'était une salle d'escrime littéraire , où se réunissaient presque tous les jeunes gens qui avaient quelques prétentions au bel esprit. Ils venaient écouter pour apprendre à parler , et ramassaient des connaissances pour venir les montrer. Leur esprit, aiguisé par la chaleur et la liberté de ces discussions continuelles et publiques, acquérait dans cette école un genre de vigueur et de subtilité que ne peuvent donner ni la retraite ni la société ; ils en remportaient le goût des lettres avec celui de la dispute, de bons principes avec de mauvaises habi-

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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