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pour être votre maîtresse. — Vous êtes une vraie dame d'honneur, lui répondit ce bon prince, et vous le serez de la reine ma femme. Qui osera reprocher à l'homme élevé par sa naissance de se regarder c o m m e supérieur aux autres h o m m e s , s'il se croit obligé de les surpasser en vertus ? Et quel appui n'aura pas la vertu dans le cœur de celui auquel on aura pu persuader que le devoir de l'observer plus rigoureusement fait une de ses distinctions et une partie de sa dignité ? Q u e l'orgueil, que l'intérêt servent à la vertu ! ne sommes-nous pas trop heureux qu'ils puissent servir à quelque chose ? Q u e celui dont l'ambition n'aura pu enhardir, l'esprit et relever le courage, tire au moins de sa timidité les avantages de la prudence ; que sa faiblesse lui tienne lieu de raison. « Il n'est pas un défaut, « dit M de Lambert, dont on ne puisse « tirer une vertu. Il n'est pas un intérêt « personnel dont la raison ne puisse s'ai« der. » « Tâchez , dit encore M de « Lambert à sonfils,de ne pas abandonner « la raison dans les plaisirs , si vous voulez « la retrouver dans vos peines. » m

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Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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