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H I S T O I R E

vrai ; jetés en grand nombre sur la terre ; ils languissent tant que la nuit dure ; mais dès que le soleil paraît et que sa présence commence à réchauffer l'atmosphère, pénétrés d'un feu dont ils n'eussent pas puisé la source en eux - m ê m e s , ils deviennent capables de répandre une assez vive chaleur. Rotrou, dont le Venceslas, donné après Héraclius, appartient à l'école de Corneille; Duryer, dont le Scévole, placé entre Polieucte et Andromaque, n'a pu conserver la réputation qu'il a méritée de son tems, servent de preuves à la gloire de Corneille, et font encore partie de cette histoire qui doit se terminer à la révolution produite par cet h o m m e extraordinaire. C'est un sujet d'étonnement que de considérer les progrès qu'en si peu d'années Corneillefîtfaire à son siècle. Pour juger de ces progrès, il suffirait de comparer ensemble Mayret, dont la Sophonisbe n'a précédé que d'un an le Cid , et Duryer, dont le Scévole , la meilleure pièce qui nous reste de lui, parut après Rodogune et avant Héraclius. O n voit avec étonnement de combien ce dernier est supérieur à l'autre, soit pour le style, quoique dans

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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