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T H É Â T R E

F R A N Ç A I S .

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tions les plus relevées, du moins ne peut-on s empêcher de reconnaître dans la Veuve, le premier modèle de la haute comédie dont Hardy avait présenté l'idée dans quelquesunes de ses tragi-comédies ; mais avec trop peu de talent et d'autorité pour la faire Valoir. Quant au style de la Veuve, il est infiniment supérieur à celui de Mélite et sur-tout de Clitandre ; il est, c o m m e le dit Corneille lui-même dans l'examen de cette pièce, il est plus net et plus dégagé des pointes dont l'autre est semée. Les subtilités y sont remplacées par du véritable esprit, et on y trouve plusieurs tirades qui ne dépareraient pas le Menteur. La Galerie du Palais , qui suivit immédiatement la Veuve, fut, depuis l'établissement d'un théâtre régulier, la première comédie où l'on eût fait entrer un rôle de suivante. Jusqu'alors le défaut d'actrices , et sur - tout l'extrême indécence de ces rôles subalternes , avaient empêché qu'ils ne fussent remplis par des femmes ; et au lieu des soubrettes telles que nous les voyons maintenant, on introduisait dans presque toutes les pièces une

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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