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DU

THÉATRE

FRANÇAIS.

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tations de l'hôtel de Bourgogne n'étaient rien moins que tranquilles , et qu'elles devaient ressembler beaucoup à ce qui s'est passé dans nos salles de spectacle, dans ces tems où le malheur et la crainte en avaient écarté tout ce qui conservait quelque sentiment de décence, et où nos maîtres d'alors , en dispersant tout ce qui leur faisait ombrage, travaillaient, selon l'expression d'un d'entr'eux, à demeurer seuls avec le peuple. O n peut tirer de ces mêmes prologues une autre preuve de l'influence que le goût du peuple exerçait alors sur les spectacles. Bruscambille parle du succès que pourraient avoir leurs représentations tragiques ou comiques; mais , ajoute-t-il, on se plaint de l'indécence du reste: « O n dit « qu'une farce garnie de mots de gueule «gâte tout, que d'une pluie contagieuse « elle pourrit nos plus bellesfleurs.A h ! « vraiment pour ce regard je passe con« damnation : mais à qui en est la cause ? à « une folle superstition populaire, qui croit « que le reste ne vaudrait rien sans elle, et « que l'on n'aurait pas de plaisir pour la « moitié de son argent ». Ailleurs, Brus-

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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