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H I S T O I R E

fit représenter par les comédiens du Marais sa première pièce, n o m m é e Mélite, ouvrage inconnu maintenant, et qui alors effaça tout ce qu'on connaissait, le vieil Hardy, qui ne pouvait être ni content du succès de la pièce, ni mécontent de l'argent qu'elle lui rapportait, se bornait à dire en le recevant, que Mélite était une assez jolie farce. 11 est vrai que quelque tems après, Mayret comparait sa pastorale de Silvie , qui eut un grand succès et dont je parlerai bientôt, à la tragédie du Cid, et qu'il écrivait modestement à Corneille : Ma Silvie et votre Cid sont les deux pièces dont les beautés fantastiques ont le plus abusé d'honnêtes gens. Ce n'était pas qu'il ne donnât l'avantage à Silvie; mais cependant il voulait bien se rabaisser au niveau de Corneille,pour lui conseiller de restituer, ainsi que lui Mayret, la réputation illégitime, disait-il, que ces pièces nous ont donnée. C'était déjà un des miracles de Corneille, que d'avoir formé le goût de son siècle au point de contraindre Mayret à se rendre justice; mais il est bien plus difficile de la rendre à ses rivaux. Pour en revenir à Hardy, il était pauvre

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

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