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DU

THÉÂTRE

FRANÇAIS.

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Quant aux mœurs des comédies de la Rivey, elles sont peut-être un peu moins mauvaises que celles de nos premières comédies. Dans aucunes de ces pièces , ni m ê m e dans celles qui parurent à la m ê m e époque, c'est-à-dire depuis 1570 jusque vers 1600, on ne trouve rien de semblable à Y Eugène de Jodelle, dont toute l'intrigue roule sur les amours d'un ecclésiastique et d'une femme mariée. Il paraît que les ecclésiastiques n'étaient plus représentés sur la scène , du moins c o m m e personnages comiques. Pour les femmes mariées , il faut avouer qu'on ne les montre pas en général c o m m e des modèles de vertu ; ce qu'il y a m ê m e de plaisant, c'est que dans tout notre ancien théâtre on peut remarquer que les maris sont toujours punis des infidélités qu'ils veulent faire à leurs femmes, et que les femmes ne le sont jamais des tours qu'elles jouent effectivement à leurs maris. Mais ces intrigues ne sont en général qu'épisodiques, et l'intérêt principal de la pièce porte presque toujours sur des personnes libres, qui, à la vérité, usent de leur liberté dans toute l'étendue qu'on peut donner à ce mot. Cependant la Rivey avait enfin ima-

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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