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DU

THEATRE

FRANÇAIS

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mais dans la comédie de la Rivey, ainsi que dans celle de Molière, l'avare est un t o m m e riche et connu pour tel,. ce qui rend la position bien plus comique et l'expose à bien plus d'embarras que celui de Plaute, qui est regardé c o m m e pauvre. Dans les Esprits, le valet de Séverin qui en arrivant lui a entendu prononcer le mot de bourse, lui demande si la bourse aux deux mille écus est dans la maison : Où prendrai - je deux mille écus ? répond brusquement Séverin. Molière a rendu cette idée bien plus plaisante, en ce que l'Avare s'imaginant seulement qu'on a pu l'entendre , traite sonfilset safilled'enfans dénaturés, sur la seule supposition qu'ils lui croient de l'argent. L e monologue de Séverin , lorsqu'il s'aperçoit qu'on lui a été sa bourse , est absolument semblable à celui d'Harpagon ; c'est le m ê m e mélange de douleur et de colère , le m ê m e égarement , les m ê m e s idées , presque les m ê m e s termes. Séverin commence de m ê m e qu'Harpagon , en criant « au voleur, « au larron ; prenez-les ; arrêtez tous ceux « qui passent : fermez les portes, les huis, « les fenêtres, etc. » etfinitde m ê m e en

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

Mélanges de littérature volume 5  

Auteur : Jean-Baptiste Antoine Suard / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Univers...

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