Page 161

DE L'ILE D'HAÏTI.

135

somme plus avantageuses pour la Dominicaine que pour Haïti. Au surplus, vers la fin du septennat du Président Salomon, les abus qui n'avaient pas tardé à se produire amenèrent une véritable dénonciation de cette convention. En effet, les hommes politiques et les écrivains dominicains se mettaient de nouveau à réclamer sans cesse les territoires que les Haïtiens, comme nous l'avons vu, occupaient depuis 1809 ; d'autre part les hommes d'État et les écrivains haïtiens objectaient que le traité d'Aranjuez ne pouvait être invoqué à cette occasion, d'autant plus que la part de territoire qui était faite à Haïti était déjà insuffisante eu égard à sa population double de celle de la Dominicaine, et que les Haïtiens avaient été seuls à payer l'indemnité de 1825 qui devait peser sur toute l'île. Une véritable rupture eut donc lieu; mais les gouvernements des deux Républiques, engagés dans des complications intérieures, ne purent envoyer de nouveaux plénipotentiaires à l'effet d'établir sur une base plus équitable les frontières des deux Républiques. Ce n'est que cette année 1896 que les deux États se sont accordés pour soumettre le différend à l'arbitrage du Pape. La ligne frontière a besoin d'être rectifiée, car elle a été tracée d'une façon arbitraire : elle coupe en deux le bassin de l'Artibonite, elle sépare en deux moitiés le lac Assuei, elle forme une série

Grande géographie de l'ile d'Haïti  

Auteur. Gentil, R. & Chauvet, H. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université d...

Grande géographie de l'ile d'Haïti  

Auteur. Gentil, R. & Chauvet, H. / Ouvrage patrimonial de la Bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation, Université d...

Profile for scduag
Advertisement