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( 42) nation n'auroit de fes d r o i t s , ni la jufte idée, ni la pleine jouiffance qui convenoit à un peuple qui ofoit fe croire ou s'appeller libre ; & cependant une adminiftration, de votre aveu même, ignorante, corrompue, audacieufe , vous précipite impérieufement & impunément dans les abymes les plus profonds. La quantité de vos efpeces circulantes eft peu confidérable. Vous êtes accablés de papiers. Vous en avez fous toutes fortes de dénominations. T o u t l'or de l ' E u r o p e , ramaffé dans votre tréfor, fuffiroit à peine à l'acquit de votre dette nationale. O n ne fait par quel incroyable preftige cette monoie fictive fe foutient. L'événement le plus frivole peut du foir au matin la jetter dans le décri. Il ne faut qu'une alarme pour amener une banque route fubite. Les fuites affreufes qu'auroit ce manque de f o i , font au-deffus de notre imagination. Et voilà l'inftant qu'on vous défigne pour vous faire déclarer à vos colonies, c'eft-àdire, pour vous fufciter à vous-mêmes une guerre injufte, infenfée, ruineufe. Que

Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  

Auteur : Guillaume -Thomas Raynal / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentatio...

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