Page 248

38

LETTRE SUR LES AFFAIRES

la réunion des intérêts & des volontés : On combat ailleurs pour les caprices & la fortune d'un feul , pour dépouiller des Rois de leur Trône & de leur Empire ; il s'agit ici de la majefté du peuple & de la propriété générale. T o u s , pénétrés de ces principes, veulent contribuer à la défenfe commune de leur peine ou de leur argent ; ils fe regardent comme membres du Souverain, comme ayant part à l'adminiftration, & tout foldat meurt libre & Roi. L'Abbé Raynal termine le paffage que je viens de citer , par une obfervation au fujet des dettes que l'Amérique contracta dans le temps de fa plus grande profpérité, ( c'eft-à-dire, avant le commencement des hoftilités ) , qui fert à prouver , quoiqu'il affecte de ne pas le remarquer » la prodigieufe différence qui fe trouve en matière de commerce, entre les nations libres & les nations affujetties. L'Amérique dans l'état de dépendance , quoique jouiffant de tous les avantages de la paix , ne put jamais, avec un commerce gêné, balancer l'importation par l'exportation , & fut obligée de s'endetter annuellement : depuis qu'elle eft libre , quoiqu'engagée dans une guerre coûteufe , elle n'a plus befoin de crédit, Ses magafins regorgent de marchan-

Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  
Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  

Auteur : Guillaume -Thomas Raynal / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentatio...

Advertisement