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DE L'AMÉRIQUE

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on doit tenir compte de cette perte ; elle doit être confidérée comme repréfentant la portion de taxe de chacun , dans le temps où la taxe n'él i t pas encore établie : ce feroit donc une grande injuftice, d'impofer le peuple après la guerre , pour le paiement d'une chofe qu'il a déjà payée ; ce feroit valider dans les mains d'autrui des papiers qui perdirent toute valeur dans les fiennes. Le papier monnoie fut répandu comme un moyen de foutenir la guerre , il a rendu ce f e r vice tant qu'il a circulé,

fans être

d'ailleurs

effen-

tellement à charge a u public ; mais imaginer, comme

quelques-uns l'ont fait , qu'à lafinde la

guerre il doit fe transformer en or ou en argent, c'eft

fuppofer qu'au lieu

de

nous caufer les dé-

penfes ordinaires, cette m ê m e

guerre

a dû nous

rapporter deux cens millions de dollars. S'il refte encore quelque

chofe

d'obfcur dans

lafituationde l'Amérique , foit par fes papiers, foit

q u a n t à d'autres

à

rapport

circonftances ,

il faut fe fouvenir que c'eft ici une guerre entièrement nationale ; les Américains combattoient Pour leur indépendance, & pour la défenfe de leur pays & de

leurs p r o p r i é t é s .

Gouvernement, le

peuple,

Chez

l'armée, ne

P°ur ainfi dire, qu'un feul &

eux,

le

forment,

même corps,

C iij

par

Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  

Auteur : Guillaume -Thomas Raynal / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentatio...

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