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LETTRE

SUR LES A F F A I R E S

contribution , puifque chacun fe trouvant impofé proportionnellement à fes moyens ; fi la quotité d'un homme fe trouve déformais inférieure à la fomme qu'il avoit coutume de perdre par l'effet des réductions , lè changement lui fera favorable; tandis que fi la quotité d'un autre fe trouve fupérieure à ce qu'il perdoit auparavant par la réduction, il fera prouvé parlà qu'il ne payoit pas alors ce qu'il devoit payer ; car il faut toujours fe fouvenir que ces réductions tenoient lieu d'impôt. Il eft bien vrai qu'on n'avoit pas prévu d'abord que la dette contractée par le moyen du papier monnoie s'éteindroit ainfi d'elle-même : mais les chofes étant arrivées à ce point, par le confentement volontaire de tous & de chacun ; elle fut en effet acquittée par ceux qui devoient réellement. Il n'y eut peut-être jamais un acte auffi univerfellement national que celuijci ; le Gouvernement n'y eut point de part ; chacun confentit librement à déprécier fes papiers ; car tel fut l'effet que produifit le hauffenient de la valeur nominale des denrées. Mais dans le fond, chaque Américain fupportant par cette réduction une perte égale à la fomme qu'il auroit dû fournir pour l'extinction de la dette»

Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  

Auteur : Guillaume -Thomas Raynal / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentatio...

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