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LETTRE S U R L E S AFFAIRES

» traîtres à la Patrie , tous ceux qui ne la re» cevroient pas comme ils auroient reçu de « l'or. » Eft-ce que ce corps ignoroit qu'on ne com» mande pas plus aux efprits qu'aux fentimens ? » Eft-ce qu'il ne fentoit pas que dans la crife » préfente tout Citoyen raifonnable craindroit » de compromettre fa fortune ? Eft-ce qu'il » ne s'appercevoit pas qu'à l'origine d'une Ré» publique il fe permettoit des actes d'un defpotifme inconnu dans les régions même les » plus façonnées à la fervitude ? Pouvoit-il fe » diffimuler qu'il puniffoit un défaut de con» fiance des mêmes fupplices qu'on auroit à » peine mérités par la révolte & la trahifon ? » Le Congrès voyoit tout cela ; mais le choix » des moyens lui manquoit. Ses feuilles mé» prifables & méprifées étoient réellement trente » fois au-deffous de leur valeur originaire, qu'on » en fabriquoit encore. Le 13 Septembre 1779 » il y en avoit dans le public pour 335,544,155 » L'Etat devoit d'ailleurs 8,385,356 liv., fans » compter les dettes particulières à chaque » Province. « L'Abbé Raynal s'exprime donc ici, comme fi les Etats-Unis avoient contracté une dette

de

Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  
Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  

Auteur : Guillaume -Thomas Raynal / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentatio...

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