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L E T T R E SUR LES A F F A I R E S

en lui faifant croire que les Troupes Américaines vouloient fe livrer au repos , mais ils lui dérobèrent encore la connoiffance de tout ce qui fe paffoit. On fçait que la flamme eft auffi impénétrable à l'œil que le

mur le

plus

épais ; & l'on peut dire avec vérité , que ces flammes furent en effet

pour l'une des

ar-

mées la colonne de feu, & pour l'autre la colonne de nuages. * Les Américains, après une marche détournée d'environ dix-huit mille , atteignirent enfin Princeton de fort bonne heure dans la matinée. Ils y firent deux ou trois cent prifonniers, avec lefquels le Général Washington repartit fur le champ. L'avant-garde de l'armée Angloife rentra dans Princeton une heure environ après le départ des Américains, qui pourfuivant leur marche le refte du jour , arrivèrent fur le foir dans un lieu convenable, loin du grand chemin de Brunfwick, à feize mille à-peu-près de Princeton. Ils étoient fi accablés & fi épuifés par les fatigues qu'ils avoient fupportées, & le fervice continue ! qu'ils avoient été obligés de faire pendant deux jours & une nuit y

( I ) V o y e z l'Exode.

Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens  

Auteur : Guillaume -Thomas Raynal / Partie 1 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentatio...

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