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COMPAGNIE DE L'APPROUAGUE (GUYANE FRANÇAISE)

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 2 9 JANVIER 1 8 6 0

RAPPORT PRÉSENTÉ

AU NOMDUCONSEIL D'ADMINISTRATION P A R M. A. FRANCONIE AÎNÉ

CAYENNE IMPRIMERIE

DU

GOUVERNEMENT

1860

MANIOC.org Bibliothèque Alexandre Franconie

Conseil général de la Guyane


mAHIOCorg Bibliothèque Alexandre Franconie

Conseil général de la Guyane


COMPAGNIE DE L'APPROUAGUE (GUYANE FRANÇAISE)

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 2 9 JANVIER

1860

RAPPORT PRÉSENTÉ

AU NOMDUCONSEIL D'ADMINISTRATION PAR M. A. FRANCONIE AINÉ

CAYENNE IMPRIMERIE

DU

GOUVERNEMENT

1860

MANIOC.org Bibliothèque Alexandre Franconie

Conseil général de la Guyane


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COMPAGNIE DE L'APPROUAGUE.

ASSEMBLÉE GENERALE DU 2 9 JANVIER 1860.

RAPPORT. MESSIEURS LES ACTIONNAIRES,

L'an passé, nous vous disions dans le rapport que nous avions •l'honneur de vous présenter au nom de votre conseil d'aniinistration : « Nous croyons au succès de votre compagnie, succès qui fut ang « nonce prématurément, nous le savons, mais qui désormais est assuré « pour quiconque est au courant de l'état de vos affaires. » Nous ajoutions en terminant : « Nous ne nous sommes donc pas trompés en vous annonçant que « votre société entrait définitivement dans une voie de prospérité « certaine. » Étions-nous absolument dans le vrai, lorsque nous nous exprimions ainsi? avions-nous exactement apprécié votre situation, lorsque nous tenions un tel langage? C'est là bien évidemment, Messieurs, la question importante à laquelle nous avons à répondre aujourd'hui devant vous. On pourra croire que c'est là pour vos administrateurs une cause d'embarras, juger peut-être, en rapprochant des circonstances présentes nos déclarations antérieures, vieilles seulement d'une année, que nous nous trouvons en présence d'un rôle difficile à remplir. Il n'en est rien pourtant, car au début même de ce rapport, nous reconnaîtrons, sans hésitation et sans détours, qu'il y avait quelque chose d'exagéré dans nos appréciations; que votre conseil, lui aussi j bien qu'il se fût toujours appliqué à suivre d'un œil calme et dans les dispositions d'esprit les plus positives, la marche de votre entre-

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p r i s e , s'était à son i n s u , et comme tant d ' a u t r e s , laissé entraîner jusqu'à u n certain point au c o u r a n t des illusions les plus chèrement caressées; qu'il avait q u e l q u e peu oublié les hasards t r o p souvent maleneontreux de l'exploitation aurifère, négligé les nombreuses difficultés à vwincre, méconnu q u e ce n'était pas dans u n pays neuf comme la G u y a n e , d o n t la virginité n a t i v e , presque intacte e n c o r e , oppose aux efforts d u travail des obstacles sans cesse renaissants, qu'il était possible d'asseoir en deux a n n é e s , sur d'inébranlables fond e m e n t s , u n e entreprise comme la vôtre. Nous reconnaîtrons t o u t cela, Messieurs, bien qu'il nous fût possible de trouver dans ce même r a p p o r t de l'an passé des paroles qui atténueraient singulièrement l'importance de nos déclarations, bien q u e nous puissions y montrer des passages comme celui où nous vous disions en parlant des résultats remarquables obtenus sur l'un de vos placers : « C'est là évidemment u n succès; mais ce n'est point u n suc« ces définitif, ainsi q u e l'a énoncé lui-même d a n s son r a p p o r t le « directeur de votre compagnie. » Est-ce à dire c e p e n d a n t q u e nous ayons t o u t à abjurer dans l'opinion q u e nous avons précédemment émise devant vous? est-ce à dire (pie vous ayez a u j o u r d ' h u i , en raison des faits accomplis dans le courant de l'exercice qui a pris fin au 3i décembre d e r n i e r , u n compte sévère à nous d e m a n d e r , et q u e vous soyez autorisés à nous r e p r o c h e r d'avoir accrédité d a n s vos esprits de funestes e r r e u r s ? Nous sommes loin de faire une telle concession, bien loin d'accorder, comme l'ont admis sans réflexion quelques p e r s o n n e s , q u e votre compagnie est à la veille d ' u n e liquidation, qu'il n'y a plus d'intérêt à s'occuper de ce qu'elle fait ou ne fait p a s , et q u e le mieux est de la laisser m o u r i r de sa belle mort. T o u t au c o n t r a i r e , n o u s croyons avoir à constater devant cette assemblée q u e jamais votre association ne fut mieux assise p o u r une exploitation régtdière et profitable; q u ' à a u c u n e autre é p o q u e elle ne fut dans de meilleures conditions p o u r p r e n d r e son essor et p r o c u r e r à ses a c t i o n n a i r e s , n o n pas des bénéfices fabuleux, fantaisies de l'imagination impossibles à réaliser, mais u n profit raisonnable en r a p p o r t avec le chiffre des capitaux d o n t la r é u n i o n lui (huma naissance.


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C'est ce q u e nous avons la certitude d'établir avec évidence dans ce r a p p o r t si, n o u s p r ê t a n t une bienveillante a t t e n t i o n , vous voulez bien nous suivre dans u n rapide exposé de la marche de votre e n t r e prise p e n d a n t les douze mois qui n o u s séparent de votre dernière réunion. Cet espace de temps se divise p o u r nous en trois périodes distinctes, ayant chacune son caractère p r o p r e , et dont nous allons vous entretenir. Vous vous rappelez sans d o u t e , Messieurs, combien fut profitable l'exploitation de vos placers dans les derniers mois de l'année 1858 et au commencement de celle qui vient de finir. Au mois d ' o c t o b r e , presque au d é b u t de l'administration de votre directeur, la p r o d u c tion dépassa 7 kilogrammes. Si en novembre elle tomba à 3 kilogrammes, le mois suivant la vit se relever vivement et atteindre le m a x i m u m actuellement c o n n u du r e n d e m e n t mensuel de vos p l a c e r s , c'est-àdire près de 9 kilogrammes; enfin, en janvier i 8 5 g , vous obteniez encore un très-beau résultat, presque équivalent à celui d u mois d'octobre de l'année p r é c é d e n t e , et la p r o d u c t i o n de février ne devait point baisser, d'après l'opinion alors généralement r é p a n d u e , lorsque peu de temps après vous fûtes informés q u e les pluies torrentielles, qui déjà avaient occasionné en janvier de graves accidents, r e n d a i e n t le travail presque impossible; q u e la richesse de la crique exploitée à cette époque disparaissait chaque j o u r , et q u e vos travailleurs, atteints p o u r la p l u p a r t d'une enflure aux jambes qui insensiblement gagnait les autres parties du c o r p s , devenaient i m p r o p r e s à l'exploitation a u r i fère. Cette situation, q u i s'aggrava le mois suivant, influa n a t u r e l lement sur la p r o d u c t i o n , q u i , en février, ne p u t s'élever à 3 kilog r a m m e s , et descendit en mars au dessous de 2 kilogrammes. C'est à cette é p o q u e , Messieurs, q u e se présenta u n e affaire i m p o r tante q u e votre conseil d'administration a cru devoir c o n c l u r e , et qui a t r o p occupé la g r a n d e majorité des actionnaires p o u r q u e nous ne vous, en r e n d i o n s pas compte avec les développements qu'elle comp o r t e . Vous avez déjà compris q u e n o u s voulons parler de l'acquisition de l'habitation la Jamaïque. On nous a c o n t e s t é , Messieurs, le d r o i t de faire cette acquisition ; on a allégué q u ' u n e affaire aussi majeure sortait de nos attributions.


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C'est là u n e grave e r r e u r dont nous devons faire disparaître les dernières traces, s'il en existe e n c o r e , en r a p p e l a n t les dispositions légales qui , sur ce p o i n t , régissent votre association. Ces dispositions se trouvent naturellement d a n s les statuts délibérés en conseil d'Etat et approuvés par le gouvernement. O r voici ce qu'ils disent à cet égard : « Article i<). La société est administrée par un conseil de huit raem« bres nommés p a r les actionnaires. -« Article 26. Le conseil a les pouvoirs les plus étendus p o u r l'ad« ministration des affaires d e l à société. 11 autorise les dépenses géné« raies d ' a d m i n i s t r a t i o n , d'installation e t , au b e s o i n , L'achat « d'immeubles, tant pour y établir le siège social que pour le besoin « des opérations sociales; il fait, autorise et ratifie l'achat et la vente « de toutes valeurs mobilières et immobilières. » Des textes aussi formels n'exigent point de commentaires et n o u s dispensent de chercher à vous d é m o n t r e r q u e , d a n s la circonstance d o n t nous nous o c c u p o n s , vos administrateurs se sont tenus dans la limite de leurs attributions. Mais il ne nous suffit pas d e m o n t r e r q u e nous sommes restés dans la légalité; n o u s a v o n s , d é p l u s , à. c œ u r de convaincre rassemblée que n o u s avons agi dans l'intérêt de la compagnie. Le motif principal qui nous a déterminés, le motif immédiat, c'est la situation dans laquelle se trouvait l'exploitation de vos placers. Cette situation, nous venons de vous la faire c o n n a î t r e , nous venons de vous dire qu'elle menaçait de vous priver d ' u n grand n o m b r e de vos travailleurs. Ces travailleurs, il fallait songer à leur r e n d r e la santé. O ù les envoyer? A l'agence de Mugdele'me, d o n t la salubrité ne nous offrait pas des garanties suffisantes. P a r q u i les remplacer au besoin? Autre question non moins grave q u i devait nous préoccuper. Telles étaient, en premier lieu, les considérations q u i portaient votre conseil d'administration à acquérir l'habitation la Jamaïque p o u r le c o m p t e de votre compagnie D'autres raisons e n c o r e , Messieurs, militaient en faveur de cette acquisition. La p r o p r i é t é de Magdeleine, d o n t n o u s avons parlé t o u t à l ' h e u r e , n ' a p p a r t i e n t pas à votre société, qui l'a affermée en p a r t i e pour trois années seulement, et cela depuis le mois de février 1858.


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O u t r e ce q u e nous avons déjà dit au point de vue de la salubrité, votre société r e n c o n t r e sur cette p r o p r i é t é une foule d'inconvénients dont le plus grave est certainement de n'y vivre q u ' a u jour le jour, sans pouvoir raisonnablement y fonder q u e l q u e chose de d u r a b l e . Jl faut p o u r t a n t à votre e n t r e p r i s e , sur l'une des rives de l ' A p p r o u a g u e , un point salubre convenablement s i t u é , où. elle puisse établir un hôpital et concentrer t o u t le mouvement administratif de l'exploitation aurifère. Sous tous ces r a p p o r t s , l'habitation la Jamaïque convient si bien à votre entreprise qu'il nous est permis'de d i r e , sans c r a i n d r e d'être d é m e n t i s , q u e nulle autre propriété d u q u a r t i e r d ' A p p r o u a g u e n'offre les mômes avantages. Cela é t a n t , votre conseil d'administration n'avaitil pas le devoir de ne point laisser é c h a p p e r l'occasion qui se présentait? Ce n'est pas t o u t , Messieurs; il est u n e autre considération qui a pesé d'un grand poids sur la décision prise par vos administrateurs : c'est celle qui ressort de l'un des articles d u décret q u i a consacré l'existence de votre société et lui a concédé le droit d'exploration et d'exploitation sur une étendue de deux cent mille hectares de t e r r e du bassin de l'Approuague. V o u s n'avez sans d o u t e pas oublié q u e la situation qui vous a été faite par le p o u v o i r métropolitain est toute provisoire, et q u e s i , a u x termes de l'article 3 d u d é c r e t , vous êtes dispensés p e n d a n t cinq a n n é e s , à p a r t i r d u I janvier 1858, de toute redevance envers l'Etat, il a été statué d ' a u t r e p a r t , p a r l'article [\ du môme d é c r e t , qu'à l'expiration de ces c i n q années il sera passé entre l'État et votre compagnie u n traité définitif, d o n t la d u r é e et les c o n ditions seront réglées d'après les données de l'expérience, et q u e , p a r ce même t r a i t é , seront déterminées les conditions relatives à la colonisation par votre société des t e r r a i n s q u i feront l'objet de là concession. Vous avez donc été prévenus p a r cet article d u décret q u u n e des conditions du traité définitif q u e vous devez faire avec l'Etat consistera dans l'obligation de coloniser. L a volonté d u gouvernement étant telle, n'y avait-il pas p o u r votre compagnie u n intérêt considérable à se créer p a r avance, p o u r l'exécution de cette o b l i g a t i o n , u n p o i n t de d é p a r t comme l'habitation la Jamaïque, un centre i m p o r t a n t q u e vous n'auriez p u fonder vous-mêmes q u ' à g r a n d s frais et en vous exposant à toutes les mauvaises chances d ' u n e création de cette n a t u r e ? e r


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A cette q u e s t i o n , nous ne connaissons q u ' u n e r é p o n s e , celle qui n o u s a conduits à traiter de l'acquisition de la Jamaïque. Est-ce là u n e erreur regrettable de votre conseil, une faute qu'il aurait commise et qui révélerait son insuffisance? Cela est possible sans d o u t e . Ce qui est certain, d ' u n autre c ô t é , c'est q u e n o u s avons agi av^c u n e complète et persévérante u n a n i m i t é , avec u n e profonde conviction qui n'a pas varié u n seul instant p e n d a n t les neuf mois qui se sont écoulés d e puis q u e cette affaire est terminée. Vous connaissez, Messieurs, l e s ' c o n d i t i o n s de cette acquisition. Vous savez que nous avons acheté l'habitation la Jamaïque au prix de i4o mille francs payables en dix a n n é e s , l'intérêt à cinq p o u r cent devant courir au profit des vendeurs p e n d a n t les termes. O n a pensé que nous aurions pu obtenir de meilleures conditions. Cela serait vrai si nous avions été moins pressés, et s u r t o u t si nous avions été en mesure d'acquitter le prix sans délai ; m a i s , n o u s vous l'avons déjà expliqué, il ne nous était pas permis de p r e n d r e n o t r e t e m p s , de n o u s décider à n o t r e h e u r e ; et, d'un autre c ô t é , vos ressources disponibles n o u s interdisaient d'acheter au c o m p t a n t . T r o p h e u r e u x d o n c avons-nous dû n o u s considérer de r e n c o n t r e r de longs délais de p a y e m e n t , lorsqu'il y axait urgence p o u r votre compagnie de faire cette affaire q u i , à tous é g a r d s , se présentait d a n s des conditions telles q u e , au p o i n t de vue de vos intérêts, n o u s aurions vainement essayé d'en formuler de mieux appropriées à vos convenances. Nousreprocherez-vous, Messieurs, c o m m e ' q u e l q u e s p e r s o n n e s , d'avoir consenti à payer l'intérêt p e n d a n t les termes? Si nous avions à c o m b a t t r e u n tel r e p r o c h e , ce serait p a r u n e simple q u e s t i o n , celle de savoir si raisonnablement n o u s p o u v i o n s avoir la prétention de jouir sans intérêt p e n d a n t dix ans d ' u n capital d o n t les revenus doivent, d'après nos calculs, suffire et au delà au payement des annuités représentatives du prix de la vente. O r c'est là, Messieurs, u n e question à laquelle, nous en sommes convaincus, tous les membres de cette assemblée feront la même réponse. L'acquisition de la Jamaïque remonte à la mi-avril. A cette é p o q u e commence la deuxième des trois périodes d o n t n o u s avons parlé au commencement de cet exposé. A ce m o m e n t , votre directeur était à C a y e n n e , où il avait été retenu depuis la r é u n i o n de l'assemblée gêné-


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raie. Il attendait p o u r se r e n d r e sur les plaeers la conclusion de l'affaire de la Jamaïque. L'acte de vente fut signé le 12 avril, et le l e n d e main même M. le c o m m a n d a n t Charrière quittait le chef-lieu de la colonie pour se r e n d r e dans le q u a r t i e r d ' A p p r o u a g u e . Sa présence sur vos établissements p e n d a n t la deuxième quinzaine d'avril eut p o u r effet de. relever la production et de la faire monter à plus de 3 kilogr. 3oo grammes p o u r le mois d o n t nous parlons. E n mai elle dépassa 3 kilogrammes 800 g r a m m e s , et en juin et juillet la moyenne excéda 3 kilogrammes 3oo grammes. A la fin de ce d e r n i e r mois s'arrête, suivant nos appréciations, cette seconde période q u i , à notre sens, doit être considérée comme u n e sorte de préparation de la dernière période d o n t nous allons vous entretenir, et de laquelle date p o u r n o u s une situation qui nous paraît trancher sur toutes celles qui l'ont précédée. Dès le mois d ' a o û t , en effet, la production s'élève au chiffre de 6 kilogrammes 3 1 3 grammes. Nous allons tout à l'heure vous la montrer se maintenant à peu près au même chiffre dans les mois qui vont se succéder; mais a u p a r a v a n t nous devons porter à votre connaissance u n incident fort i m p o r t a n t qui vous m o n t r e r a , nous l'espérons, quelle fut, d a n s u n e circonstance critique, la sollicitude de vos administrateurs p o u r les intérêts q u e votre confiance à placés dans leurs mains. Nous étions entrés dans la belle saison, celle q u e nous attendions avec impatience et sur laquelle nous avions toujours compté p o u r vous rendre une partie de vos ressources, notablement entamées par les excédants de dépense de la saison des pluies. Le mois de juillet s'était écoulé ainsi q u ' u n e partie d u mois d ' a o û t , et la p r o d u c t i o n se relevait si peu (pie la chose certaine p o u r votre conseil d'administration, c'était la continuation de l'état de choses antérieur, c'est-à-dire un ensemble de faits desquels il résultait q u e , loin de m a r c h e r à la reconstitution du capital, nous allions creusant de plus en plus le déficit. Vos ressources disponibles s'élevant à cette é p o q u e à cent et quelques mille f r a n c s , le moment n'était-il pas venu de p r e n d r e u n p a r t i , de songer à ne pas entrer plus avant dans u n e voie désastreuse? Le conseil s'en préoccupa vivement et lit p a r t de ses inquiétudes au directeur. Il lui déclara qu'il n'attendrait q u e jusqu'à la fin de septembre p o u r p r e n d r e u n e décision; q u e , dans l'intervalle, il était indispensable de se r e n d r e


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c o m p t e , aillant que possible, des résultats probables de l'exploitation aurifère dans u n avenir prochain ; q u e , pour le cas où il y aurait peu de chances d'arriver à une p r o d u c t i o n plus considérable, il faudrait se résigner à discontinuer, p e n d a n t la mauvaise saison, le travail des p l a c e r s , faire r e n t r e r le plus grand n o m b r e des travailleurs h la Jam a ï q u e , en vue de développer la culture sur cette p r o p r i é t é , sauf à r e p r e n d r e l'exploitation aurifère en i8(io, au r e t o u r de la belle saison. Loin de se laisser décourager par ces a p p r é h e n s i o n s , q u e légitimait la situation d u m o m e n t , votre habile d i r e c t e u r , à qui rien n'est é t r a n ger ni de l'ensemble, ni des détails de votre entreprise, et q u i , grâce à sa parfaite connaissance de la G u y a n e et à ses études spéciales en ce qui concerne la question de l'or, est toujours en mesure de d o n n e r un sage et utile avis sur tout ce qui se rattache à vos affaires, combattit avec force et p a r les plus solides arguments les projets d u conseil. Il représenta que l'abandon momentané des placers aurait p o u r effet d'amoindrir les recettes sans d i m i n u e r sensiblement les dépenses; qu'en faisant passer à la Jamaïque les travailleurs des placers, il y aurait lieu de redouter le mécontentement de ces travailleurs, d o n t les salaires seraient forcément r é d u i t s ; q u e la reprise de l'exploitation a u r i f è r e , après un a b a n d o n de plusieurs mois, lie serait pas une chose aussi facile q u e l'admettait le conseil, a t t e n d u que les employés déjà formés se sciaient dispersés, et qu'il y aurait peu de chances de les retrouver au moment où la compagnie en aurait b e s o i n ; qu'il ne suffisait pas de vouloir étendre les plantations de la Jamaïque ; qu'il fallait encore (pie cela p û t être réalisé, et q u ' o n serait arrêté par l'impossibilité de se p r o c u r e r des plants; qu'enfin la production aurifère allait se relever; et q u e , d'un autre c ô t é , il croyait pouvoir assurer q u e désormais l'exploitation des placers serait à peu près aussi fructueuse dans la mauvaise saison q u e p e n d a n t l'été. Le conseil d u t se r e n d r e à des raisons aussi péremptoires et il n'eut pas lieu de le regretter, car, à p a r t i r d u mois d'août, le rendement de vos établissements doubla et se maintint à peu près au même chiffre p e n d a n t les cinq derniers mois de l'exercice, lesquels ont d o n n é en moyenne 5 kilog. 777 gr. Le résultat ne fut pas seulement l'équilibre entre vos produits et vos dépenses : votre conseil d'administra-


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t i o n eut de plus à constater des excédants de recette q u i , p e n d a n t cette troisième p é r i o d e , ont atteint le chiffre de 14,644 fr- 53 cent., c'est-à-dire, en m o y e n n e j plus de 3,6oo francs par mois. Un tableau annexé à ce r a p p o r t et i n d i q u a n t la dépense et la recette de chaque m o i s , ainsi q u e l'excédant de l'une sur l'autre, vous p e r m e t t r a de vérifier ces chiffres, qui fournissent la preuve de ce q u e nous avons dit en c o m m e n ç a n t , et m o n t r e n t q u e l'exploitation aurifère prospère et se régularise. V o u s r e m a r q u e r e z , en effet, Messieurs, q u e les résultats d o n t nous parlons n ' o n t plus u n caractère exceptionnel et intermitt e n t ; il s'agit d'une p r o d u c t i o n de cinq mois consécutifs, p e n d a n t lesquels le travail de vos placers s'est maintenu dans les mômes conditions. Ces résultats, Messieurs les actionnaires en sont déjà informés, nous le pensons, sont dus presque exclusivement à la direction intelligente et zélée de M. le c o m m a n d a n t C h a r r i è r e , à qui ne fit point défaut le dévouement des employés secondaires de vos établissements. Seuls, ils p u r e n t lui d o n n e r leur c o n c o u r s , car M. l'ingénieur Léger, malade depuis les premiers jours de juillet, avait passé à Cayenne tout le mois d'août et u n e partie du mois de septembre. A cette é p o q u e déjà il hésitait à r e t o u r n e r sur les placers. Il s'y rendit p o u r t a n t ; mais bientôt l'état de sa santé ne lui permit plus de continuer à la compagnie des services q u i , à aucune autre é p o q u e , n'avaient été plus nécessaires, et il fut obligé de d o n n e r sa démission à la fin d u mois de n o v e m b r e , époque à dater de laquelle il a cessé de compter parmi vos employés. A l'appui de l'opinion que nous avons émise tout à l'heure, nous a v o n s , i n d é p e n d a m m e n t du premier tableau d o n t nous venons de parler, joint à ce r a p p o r t une deuxième annexe i n d i q u a n t mois par mois le r e n d e m e n t de vos placers, depuis l'origine de votre exploitation jusqu'au 3i décembre dernier. Vous p o u r r e z y lire les chiffres suivants q u i , comme à n o u s , vous m o n t r e r o n t ce qu'il vous est permis d'attendre de l'avenir. . (> mois d'exploitation en 1857 ont donné 11"379: moyenne mensuelle 1*890 12 en 1858 il 0 8 8 — 1 3 424 12 en 1859 54 495 4 541


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Ces chiffres parlent d'eux-mêmes et sont la preuve d ' u n inconstestable progrès. Cette p r e u v e , nous pouvons la fournir plus complète e n c o r e , en vous disant q u e p e n d a n t les quinze mois de l'administrât ion de M. le commandant C h a r r i è r e , la moyenne mensuelle de la p r o d u c tion a été de 4 kilogr. 8Q4 gr. Ì chiffre q u i excède de 3 kilogrammes par mois le rendement de l'année 1857. Nous vous ferons remarquer enfin la différence de i3 kilogr. 407 gr. entre la production totale de 1858 et celle de 1869, différence équivalant à un excédant de rendement de plus de 39,000 francs en faveur de ce dernier exercice. Nous ajouterons encore, Messieurs, à la démonstration q u e nous avons entreprise, en résumant ici le premier des tableaux d o n t nous avons p a r l é , lequel n'est a u t r e chose q u e le compte de l'exercice 1859, se r a p p o r t a n t aussi bien à l'exploitation agricole q u ' à l'exploitation aurifère. En ce qui concerne les placers, les faits suivants résultent de ce tableau : Excédant de recette à Aicoupaie. 3 4 , 8 o5 de recette à Magdeleine. 20,a 10 17 de recette à C o u n a m a r é . 29,824 o3 f

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Total. A ce total il y a lieu d'ajouter les bénéfices sur vos envois d'or

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r

8 ),021 25

8,119 37 93,1/io 62

Nouveau total. Duquel chiffre il faut déduire le m o n t a n t des dépenses de l'agence d ' A p p r o u a g u e 25,i28 o3 I >e m o n t a n t des frais généraux autres q u e ceux de l ' a g e n c e . . 4^,396 30 La moins-value sur les contrats d'engagement, en raison des journées dépensées f

en 1839

...

10,280 00 80,804 3q

Différence.

12,336 23

Q u a n t à l'exploitation agricole, l'excédant de la recette sur la d é -


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pense est de 28,084 fr> 5o cent., en tenant compte de la plus-value provenant des r é p a r a t i o n s , constructions et plantations. Pour ce q u i a r a p p o r t au résultat d u travail des placers, vous reconnaîtrez, nous l'espérons, q u e l'excédant de recette de plus de douze mille francs révèle u n e amélioration réelle, p u i s q u e précédemment vous aviez à peine p u faire face à vos dépenses au moyen de vos produits. Mais cette amélioration vous p a r a î t r a bien plus sensible lorsq u e vous remarquerez dans le tableau d o n t nous venons de vous d o n ner le résumé q u e vous avez e u , en i 8 5 g , 3o,ooo francs environ de dépenses extraordinaires, au n o m b r e desquels figurent p o u r plus de 13,ooo francs les frais de voyage et de n o u r r i t u r e , ainsi q u e le traitetement de M l'ingénieur H a r d o u i n p e n d a n t la dernière période de sa mission. En réunissant la somme de 3o,ooo francs, employée p o u r des dépenses q u i n e peuvent plus se renouveler, à celle de 12,000 francs en chiffres r o n d s , représentant l'excédant de la r e c e t t e , on trouve q u e déjà vos placers vous d o n n e n t un p r o d u i t n e t de plus de 4o,ooo francs. Est-ce quelque chose? C'est b e a u c o u p , suivant n o u s , Messieurs. Ainsi en j u g e r o n t , nous en sommes sûrs, tous ceux des membres d e cette assemblée q u i o n t u n e idée exacte des difficultés de votre e n t r e p r i s e . Q u a n t à l'exploitation agricole, le résultat n o u s paraît jusqu'ici des plus satisfaisants. Nous dira-t-on qu'il provient de la plus-value d u fonds de l'habitation la Jamaïque ? sans d o u t e ; et nous ne songeons nullement à le contester; car cette plus-value, nous en avons soigneusement contrôlé le chiffre, ce qui nous permet de vous dire qu'elle n ' a rien d'imagin a i r e , rien d'exagéré. Elle vous a occasionné certaines d é p e n s e s , cela est incontestable; mais vous n'avez p o i n t a le regretter, l'habitation la Jamaïque étant devenue dans les mains de M. le c o m m a n d a n t Char1 ière l'une des sucreries de premier o r d r e d u q u a r t i e r d ' A p p r o u a g u e . Depuis q u e vous l'avez acquise, cette propriété s'est enrichie de près de vingt hectai-es de cannes vierges, et a subi u n e transformation r e m a r quable au p o i n t d e v u e de l'état de ses bâtiments et de son matériel. Maintenant, Messieurs, n o u s avons u n m o t à vous dire de votre situation financière. Vous en trouverez le tableau dans u n e troisième annexe de ce r a p p o r t , annexe p a r laquelle il est établi q u e votre avoir


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au 3i décembre 1809, d é d u c t i o n faite du passif, est d e . . 286,820' i5 laquelle somme se décompose de la manière suivante : Actif disponible. . .

112,246 44

Actif non d i p o n i b l e , matériel, vivres, contrats d'engagement, etc .... 174,578 71 Total égal

286,825 i5

E n o n t e r ces chiffres, Messieurs, c'est vous dire q u e votre capital est amoindri dans une assez large p r o p o r t i o n . 11 serait oiseux de rechercher ici les causes de cet amoindrissement : aussi bien q u e votre conseil d'administration vous les connaissez. Vous avez pu apprécier les obstacles a v a i n c r e , observer les phases critiques p a r lesquelles devait passer une entreprise destinée à faire naître de graves mésintelligences, et q u i , en l'absence de t o u t p r é c é d e n t , avait à chercher elle-même sa voie et à la frayer au prix de coûteuses tentatives, d'expériences ruineuses. Vous avez pu vous r e n d r e compte q u e ce n'était pas en moins de trois années q u e , t o u t en se débarrassant des difficultés mêmes d e l'exploitation, après avoir t r i o m p h é , n o n sans peine, de celles d'un o r d r e différent, il était possible; de d o n n e r à une telle entreprise une b o n n e organisation, capable de lui p r é p a r e r des succès. Cela est réalisé p o u r t a n t en grande p a r t i e , et vous pouvez a votre aise, en quelque façon, profiter, p o u r continuer votre œ u v r e , des efforts de l'expérience acquise. C'est à nos yeux un immense résultat qui ne nous permet guère de songer a u x sacrifices qu'il vous a fallu faire, et nous dispenserait au besoin de nous expliq u e r sur ce point. Ce n'est donc pas., suivant n o u s , la importante à l'heure présente. Celle q u i l'est bien a u t r e m e n t , c'est de savoir si, avec u n fonds de roulement réduit comme nous venons de l'indiquer, il vous sera possible de continuer votre exploitation. Continuer? Oui sans doute. Vos recettes excédant aujourd'hui vos dépenses, ce sera, selon toutes les probabilités, par exception seulement qu'il vous arrivera, si tant est q u e le cas doive se présenter, d'avoir à entamer encore le reliquat de votre capital. Mais il ne peut pas vous suffire de n'avoir d'autre ambition q u e celle de maintenir la situation présente ou de

primitif

accomplis,

question


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l'améliorer médiocrement. Il n'est pas impossible assurément q u e vos bénéfices annuels dépassent le chiffre q u e nous avons fait connaître. Ce serait toutefois se faire illusion de croire qu'avec les forces d o n t vous disposez maintenant ils puissent s'en écarter b e a u c o u p . O r , dans de telles conditions, plusieurs années sont nécessaires p o u r q u e vous parveniez à reconstituer votre, capital, plusieurs années conséq u e m m e n t avant d ' o b t e n i r n o n pas des d i v i d e n d e s , mais seulement l'intérêt de vos capitaux. Votre conseil d'administration ayant m û r e m e n t pesé cette situation , a y a n t , d'autre p a r t , considéré q u e , vu le petit n o m b r e de vos travailleurs, les frais généraux de votre administration sont hors de p r o p o r t i o n avec vos p r o d u i t s , a pensé q u e le moment était venu d e songer sérieusement à une augmentation de vos capitaux disponibles. N ' i g n o r a n t pas q u ' u n nouvel appel de fonds à des actionnaires qui déjà o n t versé toutes leurs ressources dans votre compagnie n'avait q u e peu de chances de succès, ils o n t songé, encouragés d'ailleurs dans cette voie p a r vos délégués, à u n e adjonction de capitaux métropolitains. Se p r o p o s a n t d'user de ce m o y e n , ils o n t pensé qu'ils ne devaient pas vous laisser ignorer leurs i n t e n t i o n s , et c'est dans ce but q u e nous avons inséré quelques mots à ce sujet d a n s notre r a p port. Si l'assemblée ne partageait pas les vues d u conseil, elle n ' a u r a i t qu'à manifester son sentiment p o u r q u e vos a d m i n i s t r a t e u r s , quelque forte q u e fut leur conviction, fissent le sacrifice d'une combinaison q u i , à leur point de vue c e p e n d a n t , mérite la plus sérieuse attention. Votre conseil d'administration ne s'est pas b o r n é à chercher dans cette combinaison u n moyen de développement rapide p o u r votre compagnie; il s'est d e m a n d é , en o u t r e , si ce moyen était praticable, s'il y avait quelque chance de le voir réussir. Nous n e saurions bien évidemment rien garantir à cet é g a r d ; nous pouvons toutefois dire qu'il est permis de b e a u c o u p espérer. D'une p a r t , vous avez, p o u r décider les capitalistes de la m é t r o p o l e , l'opinion consciencieuse et toute favorable émise p a r votre directeur dans u n e circonstance récente. Le chef de la colonie, d o n t l'active sollicitude s'étend avec tant de bienveillance à tous les intérêts confiés à sa haute administra-


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tion, ayant voulu être exactement renseigné sur ce qui se rapporte à la question aurifère à la G u y a n e , s'est adressé à M. le c o m m a n d a n t Charrière p o u r avoir des renseignements précis. Dans u n e note trèsintéressante, rédigée au mois de décembre dernier, et où la question aurifère est traitée avec u n e certaine é t e n d u e , votre directeur, ayant admis h y p o t h é t i q u e m e n t q u e le plus g r a n d n o m b r e des criques de votre concession n'offre q u e des alluvions d'une teneur de 3o à 4o centimes à la b a t t é e , a fait connaître qu'il s'était appliqué à rechercher s i , avec cette teneur, on pouvait arriver graduellement à une exploitation fructueuse, et a déclaré qu'il avait été conduit à une solution satisfaisante. Or,' vous avez déjà rencontré des alluvions beaucoup plus r i c h e s , n o t a m m e n t celles de la crique d'Aieoupaie, et tout le monde accorde (ce q u i ne saurait s u r p r e n d r e ) q u ' o n peut en trouver d'autres lorsqu'il sera possible de se livrer aux prospections sur une grande échelle. D'un autre c ô t é , Messieurs, les résultats q u e vous venez d'obtenir p o u r l'exercice i85(j sont concluants. Us sont de n a t u r e à p r o u v e r aux plus incrédules q u e ce n'est pas la richesse aurifère qui fait défaut à votre c o m p a g n i e ; q u e ce qui lui m a n q u e , ce sont des capitaux d o n t puisse disposer p o u r se p r o c u r e r des bras et étendre son exploitation.

elle

Nous dirons de plus q u e le gouvernement lui-même ne saurait tarder, en se plaçant au point de vue de l'intérêt g é n é r a l , à reconnaître l'utilité de seconder votre e n t r e p r i s e , et q u e , p o u r peu qu'il y fût sollicité, il pourrait b i e n , avant l o n g t e m p s , se décider à garantir aux capitalistes métropolitains un minimum d'intérêt, lia, on ne doit pas se le dissimuler, est toute la question d o n t la solution d é p e n d d'un mot d u pouvoir central. Q u e ce mot soit p r o n o n c é , et rien ne s'opposera plus à la prospérité de votre e n t r e p r i s e , prospérité q u i , nous I avons déjà dit plusieurs fois devant v o u s , est p l u s étroitement liée qu'on ne le suppose peut-être à celle de la colonie elle-même. Toujours languissante q u a n t à la production des denrées d'exportation, la G u y a n e n'a fait, dans ces dernières a n n é e s , q u e des progrès bien lents. Serait-ce t r o p présumer de sa vitalité d ' a d m e t t r e qu'elle sciait entraînée dans le mouvement q u e , p a r u n bien faible effort du gou-


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v e r n e m e n t , il serait possible d'imprimer à une grande entreprise p a r t i c u l i è r e , embrassant déjà dans ses opérations l'exploitation agricole ? Nous ne saurions le r e c o n n a î t r e , sans concéder en même temps q u e ce beau pays aurait été marqué du sceau de la réprobation et voué à la h o n t e d'une éternelle enfance : c'est ce que vos sentiments comme les nôtres ne nous permettent pas d'accorder. Cette question de l'adjonction des capitaux métropolitains est une de celles qui ont alimenté, dans le cours de l'année 1 8 5 9 , la correspondance d u conseil avec vos délégués. Après celle-là, n o u s mentionnerons la q u e s t i o n , toujours pleine d'intérêt p o u r v o u s , de l'immigration; celle de la question aurifère elle-même, de la richesse plus ou moins g r a n d e de vos gisements et des divers modes d'exploitation. Comme dans le passé, vos représentants à Paris vous o n t r e n d u d'incontestables services p e n d a n t le dernier exercice. Cependant la grande majorité des actionnaires, jugeant q u e cette mission avait p e r d u de son importance, et se préoccupant s u r t o u t de l'a nécessité de réaliser des économies, avait manifesté le désir de voir r é d u i r e le chiffre de l'indemnité votée au profit des délégués d a n s la r é u n i o n de l'assemblée qui eut lieu au mois de septembre 1 8 5 8 . P o u r déférer à ce v œ u , votre conseil d'administration avait décidé qu'il vous proposerait de dégrever vos dépenses d'une somme de deux mille francs à p r e n d r e sur l'ensemble de cette i n d e m n i t é ; mais, après avoir considéré q u ' u n e telle proposition serait i n o p p o r t u n e au moment où vos délégués vont être chargés d'obtenir l'adjonction des capitaux métropolitains, après avoir envisagé en o u t r e q u e , même dans les circonstances p r é s e n t e s , leur zèle doit être encouragé en vue de l'époque qui a p p r o c h e chaque j o u r où ils a u r o n t à passer avec l'État un traité définitif, votre conseil est revenu sur sa première décision et a arrêté qu'il ne vous d e m a n d e r a i t aucune réduction de l'indemnité d o n t il s'agit. Il a la certitude d'avoir agi dans vos intérêts en p r e n a n t cette détermination. Il est prêt toutefois à se ranger à votre opinion dans le cas où elle ne concorderait pas avec la sienne, et, ce cas échéant, à d e m a n d e r u n vote à l'assemblée ; mais il espère q u e vous reconnaîtrez la nécessité, dans cette circonstance , d ' u n e parfaite entente entre les deux pouvoirs à qui sont confiées les destinées de votre compagnie. 5


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E n ce qui concerne votre conseil d'administration, nous vous avons fait connaître dans ce r a p p o r t , avec les développements nécessaires, l'affaire importante et spéciale qu'il a conclue depuis l'époque de votre dernière réunion : nous voulons parler de l'acquisition de la Jamaïque. E n dehors de cette affaire, le conseil a eu à s'occuper des appréciations q u e M. l'ingénieur H a r d o u i n avait consignées dans u n r a p p o r t adressé à M. le contre-amiral B a u d i n , alors g o u v e r n e u r de la colonie, r a p p o r t qui fut livré à la publicité dans les colonnes du journal officiel^ et auquel le directeur de votre compagnie jugea nécessaire de r é p o n d r e . Vous ave/, eu connaissance de cet i n c i d e n t , et vous avez pu lire les deux documents q u i s'y r a p p o r t e n t ; il n'y a pas lieu d'y revenir. C'est dans le cours de l'exercice expiré depuis un mois q u e s'est terminée la mission de M. l'ingénieur H a r d o u i n . Avant de q u i t t e r la colonie, M. H a r d o u i n a lu au conseil u n r a p p o r t d o n t la conclusion est q u e le sol de l'Approuague renferme de l'or p a r t o u t ; mais q u e la dissémination du métal est justement l'obstacle qui s'oppose à u n e récolte fructueuse. Le conseil n'avait point à discuter cette conclusion donnée par la science (il n'en a pas d o u t é ) , et qui d'ailleurs sortait de la compétence de votre administration. Il s'est d e m a n d é , en o u t r e , s'il y avait utilité à soulever une telle discussion, à laquelle les faits ont seuls la puissance de mettre un terme. C'est, en effet, a u x résultats de votre exploitation qu'il appartient exclusivement de dire si le lavage des terres aurifères de la G u y a n e est profitable ou n o n . O n ne saurait d'ores et déjà affirmer q u e la question est souverainement décidée. Nous pouvons seulement constater q u e les chiffres d o n t nous vous avons d o n n é connaissance lui ont fait faire u n pas dans u n sens favorable à vos intérêts. La majeure partie des séances du conseil a été consacrée à la lecture de la correspondance de votre directeur. Nous regrettons vivement q u e les bornes de ce r a p p o r t ne nous laissent pas libres de vous d o n n e r une analyse de cette c o r r e s p o n d a n c e , tableau vaste et animé de la surprenante activité de M. le c o m m a n d a n t Charrière. Nous vous dirons toutefois sommairement q u e , depuis la dernière réunion de l'assemblée, votre directeur, i n d é p e n d a m m e n t de ce q u e nous avons déjà mentionné des importants travaux qu'il a fait exécuter à la Jamaïque,


—19— a encore perfectionné l'organisation administrative de vos placers et notablement amélioré les conditions de l'exploitation aurifère, en réduisant d ' u n tiers au moins le n o m b r e des travailleurs que jusque-là on avait l'habitude d'employer pour faire fonctionner u n longtom. Par ses soins, le placer de Counamaré a été créé et a d o n n é de beaux rendem e n t s , presque sans rien d e m a n d e r à vos capitaux disponibles. Il a fait en personne la majeure partie des prospections nécessaires p o u r assurer la p r o d u c t i o n dans cette localité. De p l u s , il fonde en ce moment même u n nouvel établissement qui sera t o u t prêta recevoir les travailleurs et le matériel du placer Magdeleine, à l'époque prochaine où il faudra l ' a b a n d o n n e r . Nous aurions bien d'autres choses encore à vous dire de l'administration de M. le c o m m a n d a n t C h a r r i è r e ; mais ce serait é t e n d r e ce travail sans utilité pour les membres de cette assemblée, "qui o n t apprécié depuis longtemps les services q u e rend à la compagnie son infatigable directeur. Nous aurons à vous d e m a n d e r de procéder au remplacement de deux membres d u conseil d'administration : l ' u n , M. Saint-Michel Dunezat, d o n t la coopération nous a été si utile, a d o n n é sa démission; l ' a u t r e , qui a l ' h o n n e u r de p o r t e r la parole devant n o u s , se démet ici même de ses fonctions, obligé qu'il est de d o n n e r des soins urgents à des affaires personnelles qu'il tient à régler avant de s'absenter de la colonie. Ainsi, Messieurs, vous aurez dans cette séance à vous p r o n o n c e r d'abord sur la question de l'indemnité de vos délégués, à voter ensuite sur les comptes de l'exercice 185g et à n o m m e r deux administrateurs. Ces deux derniers points seuls figurent à l'ordre d u j o u r q u e , conformément aux s t a t u t s , nous avons fait afficher dans la salle où nous sommes réunis. Nous n'avons plus q u ' u n mot à ajouter pour appeler votre attention sur le caractère principal de notre travail, et vous dire q u e cette année n o u s n o u s sommes attachés avec le plus grand soin à vous d o n n e r une idée complètement exacte de votre situation, c h e c r h a n t à faire disparaître les traces d'illusions déjà t r o p chèrement payées et en même temps à dissiper des alarmes sans fondement. L a vérité, Messieurs, q u a n t à l'avenir de votre e n t r e p r i s e , n'est ni de l'un ni de l'autre côté;


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elle est dans u n e sage appréciation des faits accomplis et de la situation présente de votre société. Veuillez, à l'exemple de vos administ r a t e u r s , vous placer dans cette salutaire disposition d'esprit, et comme eux vous reconnaîtrez q u e s'il est permis d'entretenir les brillantes espérances q u e , dans ses caprices, réalise quelquefois l'exploitation aurifère, il est p r u d e n t au moins de ne pas compter absolument sur des éventualités t r o p incertaines p o u r être considérées comme des réalités; q u e , d'autre p a r t , vous n'avez nullement à désespérer du succès de votre entreprise q u i , nous le répétons avec conviction, n'est point restée en deçà de ce que raisonnablement on pouvait lui dem a n d e r , en tenant compte des difficultés et des obstacles auxquels n'échappent que p a r de bien rares exceptions des affaires de cette nature. Approuvé en conseil d'administration. C a y e n n e , le 27 .janvier 1860. Le Président

du Conseil

d'administration,

A. FRANCONJE AÎNIL Le Secrétaire du Conseil, PHILISTALL

ÙRSLEUR.


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Tableau des recettes et des dépenses de l'année 1859.

1° Établissement d'Aïcoupaie. EXCEDANT

mois.

Janvier Février Mais Avril Mai

Juin

Juillet Août Septembre.. Octobre.... Novembre.. Décembre...

DEPENSE.

,

5,584 28 5,198 78 5,44468 '4,880 55 5,151 55 4,214 46 2,780 68 2,918 20 2,650 29 2,799 58 5,15297 5,551 15

RECETTE.

1 9,715 00 6,759 00 5,816 00 5,610 00 6,554 00 5,004 00 4,668 00 5,508 00 5,951 00 8,280 00 7,500 00 5,408 00

45,765 95 80,751 00

de dépense

II II II II II

II II Il, II II II

12515

EXCEDANT

C L A S S E M r ^ DES DÉPENSES

de recette.

et des recettes.

14,528 72 4,560 22 671 52 729 65 1,402 45 79254 4,887 52 2,589 80 4,520 74 5,480 42 4,547 05 h

DEPENSES.

Vivres frais, s a l a i s o n s . . . . . . . 24,589,72 969 50 Outils, ustensilcsetaccessoires. 6.740 80 Appointements 41,428 70 Salaires et gratifications 519 54 Linge, literie, habillements.. 455 50 Médicaments 528 50 Matériaux, matières 26 20 Objets mobiliers et de ménage. 1,008 79 Frets, frais de transport 299 50 Diverses dépenses imprévues.. Total des dépenses

12515 55,41018

45,765 95

RECETTES.

12515

A déduire l'excédant de dépense. Excédant de recelte,

k

26 917e d'or récolté, il 5 ir,...

80,751 00

Excédant de la r e c e t t e . . . 54,987 05

54,987 05

2° Etablissement du placer Magdeleine.

mois.

Janvier— Février— Mars Avril Mai Juin Juillet... • Août Septembre Octobre... Novembre. Décembre.

DEPENSE.

RECETTE.

1,952/(4 4,29750 4.425 25 4,221 48 1,107 55 4,075 55 4,825 55 4,944 80 4,009 64 4.426 84 4,417 29 2,495 51

1,029 2,252 4,905 4,508 5,064 2,700 5,095 6,584 4,227 5,120 2,651 955

00 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00 00

EXCEDANT

EXCEDANT

de dépense.

de recette.

925 44 il ' il h h li h il h h

a

1,260 51

CLASSEMENT DES DEPENSES

Il

954 70 481 75 5,086 52 5,896 45 4,624 65 4,269 65 4,45Ç 14 5,157 56 4,995 49 1,515 71 h

DÉPENSES.

Vivres frais, salaisons 40,950 00 Outils, ustensilcsetaccessoires. 266 00 Appointements et gratitications. 2,225 00 Salaires et gratilicalions 5,470 85 Linge, literie, habillements... // Médicaments et instruments.. // Matériaux, matières et accessoires 290 00 Objets mobiliers et de ménage. // Frets, frais de poste, de route. 210 98 Diverses dépenses imprévues..

17,412 85157,625 001 2,185 95 22,594 12 A déduire l'excédant de dépense. Excédant de recette.

2,185 95 20,21017

et des recettes.

Total des dépenses

47,41285

RECETTES. k

12 54lB d'or récollé, à 5 IV

57,625 00

1

Excédant de la recette.. 20,21017


• — 22 — 5" Etablissement du placer Counamaré.

DÉPENSE.

MOIS.

Juin.. Juillet Août Septembre. Octobre... Novembre. Décembre

5,591 *

5,901 si 5,88282 5,68250 2,108 53 2,77221 4,515%

RECETTE.

1,989 00 2,700 00 7,050 00 (1,82200 7,834 00 8,571 00 10,125 00

20,-115 01 /.3,1 H 00

EXCEDANT de (l'J)i'IIM-.

EXCÉDAM de

5,107 18 .5,159 4'. 5,085 43 5,798 79 5,811 21 4,604 08 25,00207 4,004 (¡8

Excédant de recette net.

et des recettes. DÉPENSES.

1,402« 5,201 8

A déduire l'excédant de dépense

CLASSEMENT D E S D É P E N S E S

rei-ette.

Vivres Irais, salaisons Outils, ustensiles et accessoires Appointements, gratifications. Salaires, gratifications Linge, literie, v ê l e m e n t s . . . . . . Médicaments, i n s t r u m e n t s — objets mobiliers ou de ménage. Matériaux, matières Frets, Irais de route et de ebarrois

14,092 59 1,218 00 5.0(il 00 6,194 80 450 00 52 90 2186 15 58595 594 42 20,115 01

RECETTES. k

15 57« d'or récolté, à 3 fr

45,111 00

Excédant de la recette... 18,997 59

18,997 59 V' Habitation la Jamaïque.

MOIS.

DÉPENSE.

B.ECETT1

EXCEDANT de dépense.

EXCÉDANT de recette.

CLASSEMENT D E S D É P E N S E S

et des recettes. DÉPENSES.

Avril

1,001 50

-104 00

857 00

Mai

2,509 45

4,-155 88

Juin

2,454 50

5,510 98

Juillet

5,015 01

851100

Août

2,5)5 41

1,529 40

980 01

Septembre

2,975 05

1,227 75

•1,745 90

Octobre..

5,198 15

4,524 50

1,870 59

Novembre.

5,890 90

2,652 55

1,258 61

Décembre.

2,508 57

1,450 28

1,152 09

2,760 01

24,766 80 10,857 50 10,570 2]

Vivres frais, salaisons 5.211 ¡5 (¡92 50 1,504 45 Outils, ustensiles et accessoires Appointements 1,568 12 1,08248 Salaires, ^ratifications. 11,782 50 Linge, literie 208 ¡3 Médicaments, instruments... 7100 Matériaux, matières et access" • bardeaux, bois a brûler 1,509 (»5 Objets mobiliers, réparations d'alambic ' 78(100 Frets, liais de charrois, eni'utaillage 1,881 H Diverses dépenses imprévues (alambic, contributions.).. 46243 2,040 91

Total des dépenses

24,700 80

RECETTES. 1

Abonnem de 2 sucreries au mécanicien de l a O

Sucre vendu 850 00 Tafia idem Mélasse idem

850 00 -17,087 50

A déduire l'excédant de recette Excédant de dépense,

5,190 91 5,190 91 7,079 50

8,920 27 5,718 lo 12 00

Café idem

6608

\ ieux cuivre idem.... 2,11505 2 abonnements avec le mécanicien. -. . • 850 00 Excédant de dépenses.

17.087 50 7,079 50


— 23 — 5° Agence

MOIS.

CLASSEMENT DES D E P E N S E S .

DEPENSE.

Janvier

,

d'Approuague.

5,522 17

DÉPENSES.

Février

5,258 19

Mars

2,985 92

Avril

1/.72 76

Mai

2,769 04

Juin

2,062 77

Linge, literie, habillements

Juillet

2,155 54

Médicaments et instruments

Août

2,545 55

Matériaux, m a t i è r e s . . . .

Septembre

2,474 55

Objets mobiliers ou de ménage

140 8

Octobre

1,915 56 2,058 55

Frets, frais, de charrois, poste

1,460 16|

Novembre Décembre

2,155 49

Total

Vivres frais, salaisons

4;108 05

Appointements et gratifications

6,718 59!

Salaires et gratilicalions

Diverses dépenses imprévues

Total des dépenses

28,892 05

6° Frais

MOIS.

Janvier Février

DEPENSE.

1,505 70 '

852 75 2,797 25

994 75

28,892 05

généraux.

CLASSEMENT D E S D E P E N S E S .

DÉPENSES.

4,997 05 •

10,515 95

4,494 24

Vivres de voyage

Mars

4,750 10

Outils et ustensiles

Avril

5,022 05

Mai

4,780 85

Traitements des délégués, ingénieurs, directeur et son mandataire 55,227 70

Juin

5,050 75

Appointements d'employés

Juillet

5,214 80

Salaires et gratifications

255 00

Août

5,765 28

Médicaments et hôpital

975 70

Septembre....

5,297 61

Matériaux et matières

Octobre

5,451 59

Objets mobiliers

Novembre

5,880 58

Frets, frais de voyage

5,205 17

Décembre

2,755 08

Diverses dépenses imprévues

1,764 17

Total

51,596 56

Total des dépenses

727 58 20 00

9,005 54

82 00 157 50

51,596 56


— 24 — Récapitulation des dépenses et des recettes de 1859.

TOTAL

des dépenses.

recettes.

EXCÉDANT de dépenses.

de recettes.

Placer Aïcoupaïc..

43,765 93

80,751 00

54,987 05

Placer Magdeleine.

47,4+2 85

57,623 00

20,24 0 4 7

Placer Counamaré.

26,413 64

43,414 00

18,997 59

89,290 59 465,485 00

74,494 61

47,687 50

Habitation la Jamaïque

24,766 80

Établissement de'l'àgence a liellevue.

28,892 05

28,892 05

Frais généraux

54,596 56

34,596 56

Totaux.

494,545 38 181,472 50

Excédant définitif en dépense.

7.(179

30

87,567 69

74,494 64

45,473 us


à

0 098 00

Totaux..

44 579 00 46 058 20 25 954 15

k

948e00 755 00 044 00 723 00 405 00 455 00 406 00 828 00 474 00 465 00 017 00 209 00

44 088 50 54 495 00

44 "579e oo

à à

à

OR RÉCOLTÉ EN -1859

545s 00 744 00 633 00 456 00 688 00 900 00 051 00 427 00 409 00 040 00 877 00 544 00 k

0 665?00 0 900 00 2 550 00 2 274 00 2. 64 8 00 2 837 00 5 575 00 26 917 00 45 057 00

k

6 571 s 00 2 233 00 4 272 (10 4 870 00 2 478 00 4 668 00 4 556 00 1 856 00 4 547 00 2 760 00 2 500 00 4 456 00

Total général de la production d'orde la Guyane qui, eslimés à 5 francs le gramme, donnent 600,000 francs.

200 000 00

Total de la production d'or connue 462 842 93 Quantité récollée par diverses sociétés et d'un chiffre inconnu a la compagnie, supposé au moins 57 457 03

Total de l'or acheté... .55 880 45 Report de l'or récolté.. 406 962 50

k

I 972e 55 9 547 80 4 560 50

Total de la production.

Or acheté en 4839

42 544 00

k

0 0 0 4 4 0 4 2 4 4 0 0

Magdeleine Aïcoupaïe. Counaniaré

Or acheté en 4856 et 4857.. en 4858 en 4859

RÉCAPITULATION.

50 456 50

55 561 53 Total de la production

41 088 50

k

4 50 le 50 2 040 00 4 044 00 5 052 00 5 719 00 1 685 00 2 406 00 2 349 00 2 474 00 7 010 00 5 017 00 8 895 00

9 547 so

57 587 00

0 4 4 4 5 4 2 1 2 6 5 8

Totaux.

4858

Or acheté en 4 8 5 8 . . .

41 972 55

5 701 50

898e 00 526 00 0 724 00 4 1 2 00 479 00 0 545 00 766 00 098 00 0 684 00

44 579 00

k

2 4 4 4 2 2

0 527 00 0 516 00 0 230 00

0 535e50 0 505 00

k

a a Magdeleine Aïcoupaïe,

OR RÉCOLTÉ EN

Total de l'or récolté... 106 962 50

Or récolté en 4857. en 4838. en 4859.

Total de la production.

Or acheté en 1856 en 4857.

k

0 098e00

k

Totaux.

4857

2 898e 00 4 526 00 1 4 4 2 00 4 479 00 2 766 00 2 000 00

Magdeleine Aïcoupaïe.

OR RÉCOLTÉ EN

Janvier.... Février.... Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre. Octobre... Novembre. Décembre.

MOIS.

Tableau comparatif des quantités tl'or récoltées par la compagnie depuis le commencement de ses travaux.

k

914e00 997 00 907 00 506 00 866 00 231 00 487 00 515 00 000 00 418 00 254 00 822 00

59 055 50

4 560 C0

54 495 00

0 2 I 5 5 5 5 0 5 6 6 4

Totaux.

— 25 —

4


— 26 — Tableau

des

résultats

L'EXPLOITATION

de

l'exploitation.

AURIFÈRE.

Établissement d'Aïcoupaye : Recette de 2 6 kilogr. 917 gr. d'or récolté, a 3 francs

80,751 ' 0 0

Dépense en vivres, outils, médicaments, salaires, etc

45,763 95 r

_

3O87 05

Établissement de Magdcleine : Recette de 12,541 grammes d'or récollé, ii 3 francs Dépense en vivres, outils, médicaments, salaires, etc

37,623 00 17,412 8 3 2 0 , 2 1 0 17

Établissement de Counamaré : f

Recette de 15kilogr. 37gr. d'or récolté, a 3 f r . . . .

45,Hl

00

Montant de l'inventaire au 31 décembre 1859

10,826 6 4 55,937 6 4

Dépense en vivres, outils, médicaments, salaires, etc

2 6 , 1 1 3 61 29,824 03

Excédant du produit aurifère sur les dépenses courantes e

A ajouter : bénélices réalisés sur les 7" 8 et 9° envois d'or e

Bénéfices présumés sur les 1 0 et 11° envois d'or

85,021 2 5 5 , 6 1 9 37 2,500 00 _

Total des excédants de recette

8,119 37 9 3 , 1 4 0 62

A déduire le montant des dépenses de l'agence, moins l'argent en caisse 25,128 03 Montant des frais généraux, moins la part afférente à l'exploitation agricole 4 5 , 3 9 6 36 Moins-value sur les contrats d'engagements, en raison des journées dépensées en 1859 10,280 00 ,

8 0 , 8 0 4 39

Bénéfice de l'exploitation aurifère

12,336 2 3

NOTA. Le résultat de l'exploitation aurifère pour l'année 1859 est amoindri de près de 50,000 francs, par le fait de dépenses extraordinaires qui ne doivent plus se renouveler. Dans cette somme les frais de la mission de M. l'ingénieur Ilardouin figurent pour 15,104 francs.


— 27 — 2° EXPLOITATION AGRICOLE. Habitation sucrière la Jamaïque : r

Recette par vente de sucre, tafia, café 17,687 5 0 inventaire au 31 décembre 1 8 5 9 : 4 1 , 1 7 3 fr. 80 cent, représentés par les vivres en magasin, les denrées invendues et la plus-value résultant des constructions, réparations et plantations 41.173 80 r

58,801 30 Dépense en vivres, salaires, outils, médicaments. 2 4 , 7 6 6 80 Part incombant a la Jamaïque dans les frais généraux. 6,000 0 0 . liénélice de l'exploitation agricole Bénéfice ci-dessus de l'exploitation aurifère

30,766 80

• Ensemble

2 8 , 0 9 4 ' 50 12,336 2 3 40,430 7 3 '


— 28 — Bilan au 31 décembre 1859. ACTIF.

Solde

par la banque de la

Guyane

2,731 1(5

Envoi d'or pour les 1 0 et 11° envois non réalisés ' 117,379 4 0 Or natif récolté pour l'or récolté en novembre et en décembre (en caisse).. 3 3 , 1 6 8 0 0 e

Caisses des établissements aurifères et de la Jamaïque : r

Aïcoupaïc. encaisse L'agence. Counamaré L'habitation la Jamaïque

92 94 3,764 0 0 7 60 148 3 0

.

4,012 84 Solde du compte d'inventaire : Constructions, plantations, matériel, mobiliers, vivres, etc., des établissements aurifères . 38,271 4 0 Plus-value de la Jamaïque

41,173 80 79,445 2 0

Compte d'approvisionnements généraux, pour ceux en magasin Contrats d'engagements, pour ceux restant a employer Habitation la Jamaïque (compte d'acquisition) Mobilier du siège social en meubles et effets Matières et divers objets

1,365 8 9 89,341 16 1,204 06 2 , 6 9 0 75 531 6 5 -

3,222 40

Direction de la compagnie, solde de compte courant au 31 décembre 1 8 5 9 . Total

1,390 5 3 333,260 04

PASSIF.

Effets

à payer, emprunt à la banque sur le montant de.l'envoi d'or par la Sainte-Elisabeth, et versements faits a Approuague par divers et remboursables à Cayennc 37,430 00

Divers créanciers pour divers appointements de novembre et dé-

cembre

4,624 5 3

Hivers actionnaires, solde dû en capital et arrérages aux actionnaires qui ont effectué le versement du premier quart, en coupons de divisions ou en inscriptions de rente

4,380 9 6

Total du passif

Capital

' Total

16,135 49 2 8 6 , 8 2 5 15 333,260 6 4


— 29 —

PROCÈS-VERBAL. Aujourd'hui dimanche vingt-neuf janvier mil huit cent soixante, à oeuf heures du matin. En conséquence de la convocation faite par M. le président du conseil d'administration, suivant avis inséré dans la Feuille officielle de la Guyane des dix. et dix-sept décembre mil huit cent cinquante-neuf, et contenant appel'aux actionnaires propriétaires de quarante actions au moins. L'assemblée générale des actionnaires de la compagnie de l'Approuague se réunit dans la grande salle de la mairie. Elle se compose des actionnaires, propriétaires de quarante actions au moins, qui ont l'ait le dépôt de leurs titres dans les formes et délais prescrits par l'article trente-neuf des statuts, et dont la liste a été arrêtée par le conseil d'administration dans sa séance du vingt-sept janvier courant. Cette liste constate cinquante-cinq déposants qui représentent cinq mille cent vingt-deux actions. A l'ouverture de la séance, la liste nominative et signée, prescrite par l'article quarantesept des statuts, constate quarante-quatre membres présents ou dûment représentés, réunissant dans leurs mains quatre mille cinq cent Vingt-cinq actions. Cette liste est annexée au présent procès-verbal et revêtue des mêmes signatures. La séance est ouverte sous la présidence de M. Alexandre Franconie ainé, président du conseil d'administration. MM. Zacharie Carnavanl et Hippolyte de Saint-Quantin, les deux plus forts actionnaires inscrits, prennent place au bureau comme scrutateurs. Le bureau ainsi compost' appelle M. de Saint-Michel-Dunezat a remplir les fonctions de secrétaire. L'ordre du jour, arrêté par le conseil d'administration dans sa séance du vingt-sept courant, et affiché dans la salle, est ainsi conçu : f° Rapport sur les affaires sociales, présenté au nom du conseil d'administration, par M. Franconie, président; 2'

Vote sur les comptes de l'exercice de Tannée 1 8 5 9 ;

3° Nomination de deux administrateurs en remplacement de MM. de Saint-Michelihniezal et h'ranconic, démissionnaires.


— 30

-

En conséquence, il est procédé comme suit aux travaux indiqués dans ledit ordre du jour. L'assemblée entend le rapport présenté par le M. le président au nom du conseil d'administration. Ce rapport est accueilli avec la plus vive satisfaction et provoque d'unanimes applaudissements. Mais l'annonce de la démission de M. Franconic, rendue nécessaire par son prochain départ de la colonie, excite les regrets de l'assemblée. M. Philisthall Ursleur, tant en son nom qu'en celui du conseil d'administration, prend la parole et, se rendant l'interprète des sentiments de tous les actionnaires, il adresse à M. Franconie les rcmercîmenls de la compagnie. Après avoir rappelé en quelques mots les éminents services rendus par l'honorable président du conseil, M. Ursleur le prie d'accepter ses paroles comme l'expression de la reconnaissance générale; il termine en proposant à l'assemblée de consacrer ce sentiment en décernant à M. Franconie le titre de président honoraire du conseil d'administration. L'assemblée s'associe à la manifestation de M. Ursleur et décerne par acclamation à M. Franconic le titre de président honoraire du conseil d'administration. M. Franconie remercie l'assemblée de ce nouveau témoignage de sympathie, et termine en disant que dans toutes les circonstances où il pourra être utile à ses concitoyens son concours le plus dévoué leur sera toujours assuré. Après la lecture du rapport, M. le président appelle l'assemblée à voter sur la question de savoir si, en raison de la situation de la compagnie, il y aurait lieu de réduire l'indemnité annuelle de huit mille francs allouée à MM. Sauvage et Saint-Amand, délégués, lors de la réunion du dix-neuf septembre 1859. Au moyen d'un vote unanime par assis et levé, l'assemblée décide que le chiffre de huit mille francs ne sera pas réduit. Passant au deuxième objet a l'ordre du jour, M. le président invite l'assemblée à délibérer et à voter sur les comptes de l'exercice 1859, dont les résultats sont constatés au rapport précité. M. Le Guillou propose de nommer au préalable une commission de trois membres pour examiner ces comptes, conformément à l'article 45 des statuts. Cette proposition est rejetée a l'unanimité moins une voix. L'assemblée approuve ensuite les comptes dont s'agit au moyen d'un vote unanime par assis et levé. Il est enfin procédé, par la voie du scrutin secret et par bulletins de liste, à la nomination de deux administrateurs, en remplacement de MM. Franconie et de SainlMiciiel-Dunezat. Sur l'appel nominal, chaque membre dépose dans l'urne son bulletin fermé, sur l e quel il à écrit, en présence du bureau, le nombre de voix qu'il représente. Le dépouillement du scrutin amène les résultats suivants ! Nombre des, votants, quarante-quatre, ayant droit a quatre-vingt-neuf voix.


— 31 — Majorité absolue, quarante-cinq voix. Ont obtenu : MM. BUJA père, soixante-dix-neuf voix; GEORGE Emler, soixante et une voix ; FABENS, dix-huit voix, JACQUET, huit voix, MAZIN, six voix, VIRGILE, une voix, Un bulletin blanc de cinq voix. En conséquence MM. Buja et Emler sont proclamés membres du conseil d'administration de la compagnie de l'Approuague. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée a dix heures et demie du matin. De tout ce que dessus a été»dressé le présent procès-verbal, signé après lecture par le président, les scrutateurs et le secrétaire. Signé : CARNAVANT, HIPPOLVTE DE SAINT-QUANTIN, A. FRANCONIE aîné et SAINT-MICHEL-DUNEZAT. Le Vice-Président

du conseil

d'administration,

Pour copie conforme : G. MABCK.


Rapport présenté au nom du conseil d'administration 29 janvier 1860  

Auteur : Franconie, Alexandre. Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des An...

Rapport présenté au nom du conseil d'administration 29 janvier 1860  

Auteur : Franconie, Alexandre. Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des An...

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