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— 426 — Les crimes et délits contre le devoir maritime font l'objet du chapitre I I . Des principes n o u v e a u x ont été posés en ce qui c o n c e r n e la perte des b â ­ timents de l'Etat; c'est l'auteur de l'événement qui e n sera désormais res­ ponsable; d'un autre c ô t é , l'impéritie du c o m m a n d a n t , q u i , d'après la loi de 1 7 9 0 , entraînait ht cassation et l'incapacité d e s e r v i r , n e sera p u n i e q u e d e l à privation d u c o m m a n d e m e n t ( a r t . 267 et 2 6 9 ) . L'article 2 7 5 prévoit les cas d e surprise par l ' e n n e m i , d ' i n c e n d i e , d ' a b o r d a g e , d'échouage et d'«varie grave : il est i n u t i l e de dire q u e , par cette dernière expression , le C o d e n'a v o u l u désigner que les avaries qui auraient de sérieuses c o n s é q u e n c e s pour n o s bâtiments. A l'avenir, l'abandon de la f a c t i o n , d u quart o u d u p o s t e , et de la corvée o u de l'embarcation, sera réprimé d'une manière efficace (art. 283, 2 8 4 et 2 8 5 ) . Enfin l'enlèvement des embarcations est puni par l'article 288. Le chapitre I I I (Révolte, insubordination et rébellion) contient des disposi­ tions nouvelles qui faciliteront le maintien de la discipline et qui n e semblent pas e x i g e r des explications de d é t a i l ; je me bornerai à faire remarquer que la rédaction des articles 3oo et 3o2 a été calculée de manière à établir qu'à bord les voies d e fait o u l'outrage envers un supérieur sont toujours p u n i s c o m m e ayant eu lieu en service. Il m e paraît à propos d e parler ici d e la c o n d u i t e qu'un supérieur doit suivre à l'égard d'un inférieur dont la raison est m o m e n t a n é m e n t t r o u b l é e par un usage i m m o d é r é d e vin o u d e liqueurs. Me r é f é r a n t , à ce sujet, aux recommandations c o n s i g n é e s au d e r n i e r p a ­ ragraphe de l'article 33a d u décret du 3 décembre i 8 5 6 , sur le service inté­ rieur dans les d i v i s i o n s , je rappellerai qu'aux termes d e l'article 58o ( n ° 3 ) du règlement d u 28 août i 8 5 2 , sur le service intérieur à b o r d , « un h o m m e qui « réclame étant dans l'ivresse ne peut être e n t e n d u . » Il i m p o r t e , en e f f e t , que la justice n'ait point à punir des crimes o u délits à la perpétration desquels tout discernement est resté étranger ; le m o y e n le plus efficace p o u r atteindre un but si désirable c o n s i s t e , avant t o u t , dans le soin que doit p r e n d r e le supérieur d'éviter tout contact avec un h o m m e i v r e , e n le faisant saisir, s'il y a l i e u , par ses égaux et sans l'intervention d'un chef; c'est ainsi que sa résistance n e lui attire qu'une légère répression. J'ajoute q u e , à moins de nécessité absolue, la p u n i t i o n q u e cet h o m m e a u ­ rait e n c o u r u e ne devrait lui être infligée que lorsque l'état d'ivresse aurait cessé. J e prie M M . les préfets maritimes et MM. les c o m m a n d a n t s à la mer d'appeler l'attention d e c h a c u n sur l'utilité incontestable de ces mesures de p r é c a u t i o n , faute desquelles la sévérité d e la loi militaire pourrait parfois priver la flotte d e bons serviteurs. Au s u r p l u s , l'examen des procédures qui me sont j o u r n e l l e m e n t adressées m e permettra de distinguer les chefs qui n e tiendront pas la main à ce que ces instructions soient strictement observées. L e chapitre IV (Abus d'autorité) comporte une observation au sujet d e l'article 3 o 8 , corrélatif des dispositions comprises au chapitre I I I , et n o ­ tamment d e s articles 299 à 3o3 , qui répriment les voies de fait et les ou­ trages envers des supérieurs. 11 était convenable en effet q u e , par u n e juste r é c i p r o c i t é , l'inférieur fût protégé c o n t r e l'emploi abusif de violences réprouvées p a r la loi m a r i t i m e , d'où les châtiments corporels o n t disparu depuis longtemps ; aussi l'article 3 o 8 sévit-il c o n t r e le supérieur qui frappe son inférieur. T o u t e f o i s , en prévision d e circonstances dans lesquelles u n e rude é n e r g i e a été r e c o n n u e n é c e s s a i r e , une v o i e d e fait du supérieur e n v e r s l'inférieur est déclarée excusable. Il appartiendrait à l'autorité supérieure d'apprécier, le cas é c h é a n t , si la circonstance qui aurait d o n n é lieu à un acte de violence de

Bulletin officiel de la Guyane française (1858)  

Auteur : Partie 2 d’un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles e...

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