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(234) On reconnut alors qu'avec de, telles exigences, l'unité du bataillon serait complètement illusoire et que celle de la compagnie, qui existait déjà dans les deux premiers régiments , se prêterait beaucoup mieux à la spécialité du service de la marine; de plus, on fut convaincu que l'obstacle que présentait la dissémination des compagnies, tantôt en portions plus fortes et tantôt en portions plus faibles qu'un bataillon , n'était que d'une importance secondaire. Une considération d'un ordre bien supérieur dominait toute la question. Des rapports authentiques avaient démontré, à diverses époques, que les pertes éprouvées dans le cours de la première année de séjour des Européens aux colonies étaient, relativement, beaucoup plus considérables que dans les années suivantes et que l'arrivée simultanée d'un grand nombre d'hommes était une cause déterminante de l'invasion de la fièvre jaune. Dès lors, il était du devoir du Gouvernement de concilier autant que possible les formes militaires avec l'intérêt de l'humanité. C'est dans cette vue qu'a été rédigé l'art. 4 de l'ordonnance du 20 novembre Ï 838 , qui prescrit de relever annuellement le quart de chaque garnison coloniale, et l'on conçoit que, dans cette combinaison, il était impossible d'admettre d'autre unité que celle de la compagnie (1). Je ne dis rien de l'ordonnance du 14 août 1840, qui a augmenté l'arme de l'infanterie de 4o compagnies , attendu qu'elle n'a point apporté de changements aux dispositions fondamentales de l'ordonnance du 20 novembre 1838. Je suis entré dans ces détails parce que des personnes étrangères au département ont publié des observations qui porteraient à croire que l'on s'est écarté sans motif des formes en usage dans l'armée de terre, et que ces opinions pourraient induire les esprits en erreur. En entrant dans une nouvelle voie , on ne s'est pas dissimulé que l'expérience pourrait peut-être amener plus tard des (1) Ce mode d'organisation n'est pas sans antécédent dans la marine. Un corps de 100 compagnies d'infanterie fut créé, en 1774, pour tenir garnison sur les vaisseaux et dans les ports, bien que les régiments de l'armée de terre fussent divisés en bataillons. Plus récemment on a été contraint de renoncer à l'organisation des marins en bataillons et d'y substituer le système des compagnies isolées, à cause de la nature spéciale du service de la flotte. C'est aussi le système suivi à l'égard de l'artillerie.

Bulletin officiel de la Guyane française (1841)  

Auteur : Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane...

Bulletin officiel de la Guyane française (1841)  

Auteur : Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles et de la Guyane...

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